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Gilad Atzmon en Français

Gilad Sharon, le diseur de véritéarton15146-07fa7

 

Gilad Sharon (photo ci-contre), le fils d’Ariel Sharon, a écrit dans le Jerusalem Post qu’Israël devait « aplatir l’ensemble de la bande de Gaza ».

« Il ne devrait pas y avoir pas d’électricité dans la bande de Gaza, pas d’essence ou de véhicules en mouvement, rien. Alors, ils demanderaient vraiment un cessez-le-feu », écrit-il. « Nous avons besoin d’aplatir des quartiers entiers de la bande de Gaza. Aplatir tout Gaza. Les Américains ne sont pas limité à Hiroshima – les Japonais ne capitulaient pas assez vite, ils ont donc aussi frappé Nagasaki. »

Beaucoup d’israéliens et même certains sionistes sont « indignés », mais la vérité doit être dite : l’opinion de Sharon est pleinement compatible avec le sionisme, la pensée israélienne et certains aspects de la culture juive.

Par exemple, l’appel de Sharon est pleinement compatible avec certains passages dévastateurs de l’Ancien Testament :

« Mais vous poursuivrez vos ennemis, et ils tomberont devant vous par l’épée. Cinq d’entre vous en poursuivront cent, et cent d’entre vous en poursuivront dix mille, et vos ennemis tomberont devant vous par l’épée. » Lévitique, 26.7-8

« Quand l’Éternel ton Dieu t’aura fait entrer dans le pays dont tu vas prendre possession, qu’il aura ôté de devant toi beaucoup de nations… tu les voueras à l’interdit ; tu ne traiteras point alliance avec elles, et tu ne leur feras point grâce. » Deutéronome 7.1-2

« Ne laisse pas âme qui vive. Tu dois les détruire complètement … comme le Seigneur ton Dieu te l’a commandé…  » Deutéronome 20.16

Donc, à la fois comme son vrai père et ses ancêtres spirituels, le jeune Sharon veut détruire les habitants de Gaza, il veut les réduire eux et leur civilisation en poussière – pensées malheureusement ancrées dans l’Ancien Testament. Bien que les Juifs religieux qui suivent le Talmud plutôt que la Torah puissent être critiques envers les interprétations littérales du livre sacré, Gilad Sharon est un israélien laïc, qui, pourtant, suit ici l’interprétation la plus banale et littérale du texte biblique.

Sharon est également en accord avec la philosophie de l’ultra-sioniste Vladimir Jabotinsky dans son article « The Iron Wall (We and the Arabs), 1937 ». Jabotinsky croyait en l’érection d’un « mur de fer » que la population indigène (arabe) ne pourrait pas franchir. Certains diront qu’en 1948, le mur de fer de Jabotinsky, est devenu la colonne vertébrale du pragmatisme politique israélien, et bien que largement effectuée par ses ennemis politiques, la Nakba pourrait être considérée comme la matérialisation de l’idéologie de Jabotinsky.

L’opinion de Sharon est également semblable à celle exprimée cette semaine par le vice-Premier ministre d’Israël, Eli Yishai, qui a prétendu : « Nous devons ramener la bande de Gaza vers le Moyen Âge en détruisant toutes les infrastructures, y compris les routes et l’eau.  »

Le jeune Sharon est clairement un diseur de vérité. Il nous offre un aperçu authentique de la psychose meurtrière israélienne, et le message à en tirer est évident. Il est maintenant temps d’admettre que nous ne pouvons pas saisir la psychose collective israélienne et sa fascination pour la violence et la mort sans une compréhension profonde de la culture juive, de la suprématie juive ainsi que du tribalisme juif.

Pour des raisons évidentes, certains Juifs et même quelques Palestiniens ne veulent pas s’engager dans cette voie et insistent pour que l’on évite toute critique de la judaïté de «  l’État juif ». Cette philosophie en faillite serait presque drôle si elle n’était pas si tragique – entrer dans le détail des causes profondes de la barbarie sioniste est désormais une obligation élémentaire humaniste.

Je pense que nous avons atteint le point de non-retour. Nous devons maintenant examiner de façon critique la politique juive, le lobbying juif, et les crimes israéliens dans le contexte de la culture juive. Une telle approche peut sauver le monde et espérons-le, peut également sauver de nombreux juifs des chaînes de leur propre patrimoine.

Une anecdote

En fait j’ai été amusé d’apprendre aujourd’hui que le célèbre sioniste Jeffrey Goldberg, lui-même un ancien gardien de camp de concentration de Tsahal, a été parmi les premiers à dénoncer Gilad Sharon. Voici comment il fait référence à l’article de Sharon sur Twitter :

« Gilad Sharon a appelé Israël à bombarder la bande de Gaza. Je suis à moitié surpris que le Jerusalem Post puisse publier de telles bêtises. »

Il n’est pas du tout évident que Goldberg s’oppose à l’opinion de Sharon. Cependant, il est évident que Goldberg est tourmenté par l’idée que l’opinion de Sharon puisse transpirer. « Je suis à moitié surpris que le Jerusalem Post puisse publier de telle bêtises », dit-il.

Goldberg estime que les aspects meurtriers si intrinsèques à la suprématie tribale sont mieux conservés dans les murs du ghetto. Il ne veut pas que les goyim sachent. Comme on pouvait s’y attendre, Goldberg a été parmi les premiers à attaquer mon livre, Quel Juif errant ?, et à poursuivre mes approbateurs pour exactement les mêmes raisons. Il était très préoccupé par ce que les gens lisaient au sujet d’Israël, du sionisme, de la politique identitaire juive et de l’idéologie qui le motive lui-même à servir parmi nous d’agent sioniste.

Israël et sa propagande généralisée : entretien avec le musicien et écrivain Gilad Atzmonarton15043-9a499

 

Angela Lano : Dans votre article, « Pillar of Biblical cloud » vous avez écrit qu’Israël tentait de gagner les élections de janvier en présentant un « tas de cadavres palestiniens ». Pensez-vous que cette nouvelle opération militaire contre Gaza ait une raison propagandiste ?

Gilad Atzmon : Elle est certainement là pour servir les intérêts politiques personnels de Netanyahou et Barak. Je crois que ces deux fauteurs de guerre avaient, au départ, une opération militaire limitée à l’esprit, mais qui est maintenant en train d’escalader, et, comme dans le cas du Liban en 2006, elle est à peu près hors de contrôle. À cause d’un état évident de détachement, les israéliens ne parviennent pas à tirer des leçons de leur passé.

Angela Lano : Pourquoi les législateurs israéliens utilisent-ils des références bibliques pour leurs guerres contre la bande de Gaza ?

Gilad Atzmon : Parce qu’Israël est l’État juif, et que la colère biblique alimente le sionisme et la politique israélienne d’un sens « spirituel ».

Angela Lano : Nous savons que beaucoup d’entre eux ont un passé laïc…

Gilad Atzmon : La laïcité juive est un concept amusant. Il s’agit d’une « religion » sans spiritualité et sans Dieu. Les Juifs laïcs ne croient pas en Dieu, mais un peu trop souvent, ils tuent en son nom.

Angela Lano : Le discours pro-palestinien est profondément infiltré par des éléments ou des groupes sionistes, même au sein de la deuxième et de la troisième flottilles de la Liberté. Comment expliquez-vous un tel phénomène ?

Gilad Atzmon : Mon dernier livre, Quel Juif errant ?, jette la lumière sur ce phénomène particulier. Je peux penser à plusieurs raisons :

1) Nous avons affaire ici à une opposition contrôlée : selon la gauche juive, nous sommes autorisés à parler d’Israël aussi longtemps que nous n’admettons pas que cet État meurtrier se définit en fait lui-même comme étant l’État juif. Et nous sommes autorisés à discuter d’Israël aussi longtemps que nous ne mentionnons pas que ses avions militaires sont décorés avec des symboles juifs.

2) L’identité juive est motivée par le tribalisme. Ceci s’applique aussi bien à l’identité sioniste qu’antisioniste. Bien que les Juifs n’aient pas inventé le tribalisme, la culture juive équipe ses adeptes avec une tactique sophistiquée de survie politique d’exil. Il n’est donc guère surprenant que les soi-disant Juifs « antisionistes » soient bien plus unis et organisés que les exilés palestiniens ou autres adversaires d’Israël, car il faut comprendre que les Juifs pratiquent une politique identitaire d’exilés depuis 3 000 ans, tandis que pour les Palestiniens, tout cela est assez nouveau.

3) Les Juifs sont attirés par les idéologies révolutionnaires. Regardez la révolution bolchevique : j’ai appris récemment que 25 % de la division internationale qui combattait aux côtés de l’armée populaire de la république pendant la guerre civile espagnole était composée de Juifs.

La question cruciale que nous devons donc nous poser est de savoir si les représentants progressistes juifs servent une cause universelle et humaniste ou si, au contraire, ils promeuvent les intérêts personnels juifs à la place. Ma recherche m’a appris que dans de nombreux cas, « l’idéologie progressiste » juive est effectivement encore judéo-centrée jusqu’à l’os.

Angela Lano : L’accusation d’« antisémitisme » est devenue une arme très répandue, et beaucoup de gens en ont peur. Que pouvons-nous faire pour confronter ce moyen de propagande et cette « marque de la sorcière » ?

Gilad Atzmon : J’ai tendance à considérer tous ceux qui lancent cette accusation, soit comme des opérateurs tribalistes juifs, soit comme des Shabbes goyim. Il n’y a tout simplement pas d’antisémitisme grave et dangereux dans la société à l’heure actuelle : personne ici ne hait les Juifs en tant que peuple, ni en tant que soi-disant « race », ethnie, ou même comme entité biologique. Mais il est vrai que beaucoup d’entre nous nous opposons à certaines formes de politiques juives.

Angela Lano : Comment voyez-vous l’avenir proche de la question palestinienne ?

Gilad Atzmon : Quand je vois les Palestiniens combattre avec tant de courage, je suis rempli d’espoir. Je ne crois pas que la solidarité internationale puisse libérer la Palestine – les Palestiniens se libéreront eux-mêmes. Tout ce que nous pouvons faire est de donner aux Palestiniens des boucliers spirituels et éthiques. Nous sommes appelés à expliquer pourquoi ils se battent et dans quel but.

Angela Lano : Comment jugez-vous les « printemps arabes » ? Sont-ils un « espoir de changement » pour des millions d’Arabes, ou sont-ils juste une diversion géopolitique, contrôlée par les États-Unis et d’autres acteurs ?

Gilad Atzmon : Les printemps arabes ont été quelque peu décevants jusqu’ici. Au lieu de combattre Israël et l’impérialisme occidental, tout ce qu’on voit en ce moment ce sont de nombreux Arabes qui s’entretuent. Je suppose qu’une fois de plus nous trouverons bien assez tôt que les Palestiniens sont à la pointe de ce combat. Et ils ont la capacité unique de réunir tout le monde.

Angela Lano : Que pensez-vous des médias ?

Gilad Atzmon : Les médias sont le dernier moyen d’endoctrinement politique sioniste. Et la libération est tardive.

Elie Wiesel au journal Haaretz, par Gilad Atzmonarton14884-32d6e

 

Elie Wiesel, le survivant de l’Holocauste le plus célèbre du monde, l’homme qui a transformé l’Holocauste en une carrière professionnelle a donné cette semaine un entretien au journal Haaretz.

Cet « humaniste » casher dont l’intérêt pour la souffrance se limite à un seul peuple a déclaré qu’il espérait que le Mossad – qui a attrapé un homme comme Eichmann – sera capable d’attraper Ahmadinejad pour le faire juger par un tribunal international.

Ce sioniste ancien doit avoir oublié que Eichmann n’a pas été jugé par un tribunal international, mais a été en fait condamné à mort par un tribunal israélien. Et tandis qu’Ahmadinejad se déplace librement à travers le monde, ce sont les auteurs de massacres et les criminels de guerre israéliens qui doivent réfléchir à deux fois avant de s’embarquer sur un vol international.

Durant toute l’entrevue, ni Haaretz ni Wiesel ne font référence à l’holocauste palestinien. Apparemment, les médias juifs ainsi que les marchands de l’holocauste ne se sentent concernés que par la souffrance d’un seul peuple.

Elie Wiesel est peut-être l’un des meilleurs exemples de la banalité de l’esprit sioniste. Il ne s’intéresse qu’à la primauté de la souffrance juive et a totalement échoué à transformer l’holocauste en un message universel.

Wiesel est critique envers l’Allemagne, les allemands et leur culture. « Nous ne devons pas oublier ce que les gens civilisés on fait dans le passé. Des gens élevés à Kant, Fichte et Hegel. Des personnes qui écoutaient Beethoven et lisaient Schiller le matin et qui dans l’après midi tuaient des enfants et leurs parents. »

Mais que dire de ces gens qui ne lisent pas Kant, Fichte et Hegel mais lisent l’ancien testament et la littérature de la shoah de Wiesel à la place ? Ne tuent-ils pas des enfants et leurs parents ? Ne s’engagent-ils pas dans des massacres de civils innocents en versant du phosphore blanc sur les abris de l’UNRRA (1) ? Oui, bien sûr – et ce depuis plus de six décennies, soit légèrement plus longtemps que la shoah de Wiesel.

(1) L’UNRRA (United Nations Relief and Rehabilitation Administration – Administration des Nations Unies pour les secours et la reconstruction).

Israël, le jour d’après – Par Gilad Atzmon

La semaine dernière, un article intéressant de Daniel Gordis a été publié sur Tablemag.com. Gordis, un intellectuel sioniste engagé, est préoccupé par l’effondrement inévitable de l’État juif et de son impact sur le monde juif en général et sur les juifs américains en particulier.

Bien qu’il soit rassurant de constater que les intellectuels sionistes se rendent maintenant compte que l’État juif est en voie de disparition, plus important encore, l’article de Gordis nous donne un aperçu de la politique identitaire juive contemporaine, de la culture juive et de la psychose collective sioniste. Et curieusement, Gordis réaffirme chacun des arguments critique que je soulève dans mon dernier livre « Quel juif errant ? ».

Gordis est tourmenté par des sondages qui indiquent que la centralité d’Israël dans la vie des juifs américains est en déclin. Apparemment, une étude récente suggère que 50 % des jeunes juifs américains (35 ans et moins) ne verrait pas la destruction d’Israël comme une « tragédie personnelle ».

Dans sa tentative d’expliquer un tel changement dramatique dans l’attitude de la diaspora juive, Gordis se réfère à ce que Peter Beinart dit à ce sujet : que les jeunes juifs américains se sentent en sécurité, et contrairement à leurs parents, ne craignent pas l’antisémitisme. Beinart a raison. Les juifs occidentaux ne sont plus anxieux. Au contraire, l’arrogance politique juive contemporaine ne connaît pas de limites.

L’AIPAC et les lobbies juifs occidentaux similaires ont ouvertement poussé à des guerres interventionnistes depuis plus d’une décennie et certains juifs influents se sont ouverts à l’exploration de différentes formes et aspects de la domination judéo-centrique des médias, de la banque, de la culture et de la politique. En fait, il semble que beaucoup de juifs ne sont plus du tout troublés par une éventuelle hausse de l’antisémitisme et sont indifférents aux conséquences éventuelles de leurs propres actions.

Dans une certaine mesure, ce sentiment de toute-puissance juive peut être considéré comme un continuum direct de la puissance d’Israël, quand les jeunes juifs américains voient leurs élus politiciens danser sans vergogne au son du Klezmatic (NDLR : groupe jouant de la musique juive) de l’AIPAC, ils sont naturellement remplis d’un sentiment de puissance invincible et c’est celui-ci qui est l’essence de la puissance collective juive contemporaine – un pouvoir qui ne peut être réalisé qu’en connexion avec la force israélienne.

De nouveau un stress pré-traumatique

Gordis est là pour ébranler la confiance de la diaspora juive en réintroduisant la vieille peur collective tribale. Il écrit : « Theodor Herzl a fait ce qu’il a fait et écrit ce qu’il a écrit parce que la vie juive dans la Diaspora était devenue, pour utiliser la phrase de Hobbes : pauvre, désagréable, brutale et courte ». Selon Gordis, les juifs contemporains gardent trop leur sang froid et se sentent trop en sécurité. « Ce qui s’est passé à l’époque, affirment-ils, ne pourrait pas se produire aujourd’hui ». Mais Gordis pense qu’ils se trompent. « La confiance des juifs américains d’aujourd’hui ressemble à celle des juifs de Cordoue qui ont été convertis de force, brûlés vifs sur le bûcher et expulsés sommairement pendant l’Inquisition espagnole ». De même, il affirme que « les juifs de Berlin en 1930 ont également estimé qu’ils avaient trouvé l’ultime maison éclairée et que les jours sombres de l’Europe ne reviendraient jamais. Et en l’espace de seulement quelques années, la communauté juive allemande a été effacée ». Ici, Gordis transmet un message clair – à la lumière d’une possible nouvelle Shoah, « La vie des juifs américains telle qu’elle existe aujourd’hui ne survivrait pas à la perte d’Israël ».

Dans « Quel juif errant ? », j’explore l’impact du syndrome de stress pré-traumatique (SSPT) et je mentionne en particulier cette tendance collective exclusivement juive d’être culturellement, spirituellement et politiquement façonnée par des événements catastrophiques fantasmatiques, imaginaires et futurs. La politique juive est toujours formée par un traumatisme futur. Par conséquent, le message de Gordis à ses compatriotes juifs est clair : ce n’est pas la Shoah du passé qui doit nous unir, c’est en fait la Shoah à venir qui devrait resserrer nos liens sionistes.

Le message de Gordis aux juifs américains est clair. Un Israël puissant ainsi que le contrôle de l’AIPAC sur la politique étrangère américaine est bon pour les Juifs et toute autre alternative est un désastre annoncé. « Quand les quelques 400 rabbins, pour la plupart orthodoxes, ont défilé à Washington en Octobre 1943, le président Roosevelt a tout simplement refusé de les rencontrer et a quitté la Maison Blanche par une porte arrière. Il n’y avait pas de manifestations de masse ni d’autobus à Washington pour réclamer de l’aide à leurs homologues européens ». Aujourd’hui, la situation a radicalement changé. La présidence des États-Unis est un poste démocratiquement élu réservé au candidat qui a acheté la confiance du lobby juif.

« Les Juifs d’aujourd’hui ne se considèrent plus comme un peuple discret », explique Gordis. Et pourquoi devraient-ils ? Merci à Israël et son puissant lobby, ils se considèrent comme le groupe ethnique le plus influent et le plus puissant sur la planète. En Amérique, l’AIPAC domine la politique étrangère, en Grande-Bretagne 80% des députés du principal parti sont des membres du puissant CFI (Amis Conservateurs d’Israël) et en France, le CRIF mène le bal. Voila ce que dit Gordis, un porte-parole officiel des sionistes : « Israël a changé les conditions d’existence des juifs partout, même en Amérique. Sans l’État d’Israël, la confiance en soi et le sentiment d’appartenance que les juifs américains tiennent aujourd’hui pour acquis disparaîtraient rapidement ». En bref, les juifs peuvent mener le bal – mais seulement aussi longtemps qu’Israël est imbattable.

Et il n’a pas tort. Comme beaucoup de sionistes, Gordis est à la fois honnête et cohérent, une qualité que je trouve rarement au sein du discours antisioniste juif. Gordis admet ouvertement que nous avons ici affaire à un paradoxe évident. Ce sentiment d’appartenance et de sécurité qui conduit beaucoup de juifs américains à croire qu’ils n’ont pas besoin de l’État d’Israël est en soi un produit de ce même État d’Israël. Cette arrogance mortelle qui conduit des sionistes comme Bernard Henri-Lévy, ou l’écrivain du « Jewish Chronicle » David Aaronovitch à défendre des guerres mondiales interventionnistes devrait être considérée comme le résultat d’un État juif fort – un État dont les crimes restent impunis.

Identifiant symbolique

Dans « Quel juif errant » je suggère qu’Israël fonctionne comme un identifiant symbolique juif clé afin que les juifs construisent leur identité en référence à leur État juif. Ceci n’est pas seulement vrai pour les juifs sionistes, ça l’est également pour les soi-disant « juifs antisionistes » dont l’identité est intrinsèquement liée à leur opposition au sionisme et à Israël. La disparition d’Israël laisserait leur identité politique complètement nue.

Gordis détecte une tendance similaire chez les juifs américains libéraux. « Bien que beaucoup de juifs américains, en particulier les plus jeunes d’entre eux, croient maintenant que la perte d’Israël ne serait pas tragique, la question d’Israël continue de les dynamiser plus que n’importe quel autre sujet ». Gordis continue : « Israël n’est pas seulement une patrie pour les Israéliens. Il est également un État sur la Diaspora. L’État qui, même de loin, sécurise la vie et instille les passions des juifs partout dans le monde ». Cela n’est pas seulement vrai pour les sionistes, mais aussi pour ces quelques juifs antisionistes qui, par le biais de la négation, s’accrochent « passionnément » à Israël.

Apocalypse Soon

Gordis semble se rendre compte que la partie est terminée pour Israël, mais il s’aperçoit aussi que cela peut également entraîner un effondrement de la puissance juive. « La perte d’Israël modifierait fondamentalement la communauté juive américaine. Cela arrêterait le renouveau de la vie juive qui se révèle peu à peu dans certaines parties de l’Europe. Et la communauté juive israélienne ne serait plus. La fin d’Israël serait en somme, la fin du peuple juif tel que nous le connaissons ».

L’actuelle « époque dorée juive » touche inévitablement à sa fin. Pourtant, la question qui demeure est de savoir si nos dirigeants sionistes et israéliens laisseront notre planète survivre à l’effondrement de leur tout dernier Empire juif ? Suivant les poussées incessantes vers l’Armageddon de Netanyahu, de Barak et de l’AIPAC, ainsi qu’en gardant à l’esprit que les récits de suicides collectifs tels que Samson et Massada sont si précieux au sein du discours sioniste et israélien, nous devrions rester en état d’alerte. Malheureusement, la transformation de notre planète en poussière est pleinement compatible avec la mission israélienne et sioniste.

Il incombe aux responsables du monde de démanteler Israël et ses puissants lobbies juifs avec sagesse et prudence, en acceptant le fait que nous avons affaire à une entité très meurtrière. Mais c’est aussi à chacun d’entre nous d’être pleinement attentif aux échanges de Gordis avec ses compatriotes de la diaspora juive. C’est à nous de s’opposer à toute forme de symptôme de la puissance juive : les sionistes, les antisionistes et les shabbos goyim. C’est à nous de nous sauver et notre univers avec, mais aussi de sauver les juifs qui sont malheureusement, encore une fois, sur le point de déclencher une autre catastrophe sur eux-mêmes ainsi que sur nous tous.

Les identifiants symboliques et les stéréotypes juifs par Gilad

Atzmon

Les juifs sont généralement fiers de se définir en tant que tel. Quelques Juifs peuvent, par exemple, porter fièrement la bannière juive (Juifs pour la paix, Juifs pour la Justice, Juifs pour Jésus et ainsi de suite) comme s’ils croyaient que le mot « J » contenait des attributions vertueuses spéciales. Toutefois, ils seront également gravement offensés si d’autres les qualifient de « Juifs ». Suggérer à un Juif qu’il est « Juif » ou qu’il se « comporte comme un Juif » peut être considéré comme une grave insulte « raciste ».

Il est à noter que linguistiquement, l’identificateur symbolique « Juif » fonctionne à la fois comme un nom et comme un adjectif. Bien que le terme indique une « chose », il est également descriptif. Toutefois, je suppose que les identifiants symboliques associés à la politique idéologique et identitaire ont tendance à fonctionner dans un mode grammatical double. Les mots « féministe », « socialiste », « nazi » et « suprématiste blanc » peuvent indiquer un sujet humain, mais peuvent aussi être descriptif. Je pense, par exemple, qu’une féministe qui porte fièrement le drapeau féministe puisse aussi accepter le fait que d’être appelée « féministe » lui attribuera également certaines caractéristiques particulières et certaines croyances idéologiques. Fondamentalement, nous acceptons aussi que d’être une féministe, un socialiste, un nazi ou un suprématiste blanc sont des questions de choix politique. On ne naît pas féministe ou socialiste. On adopte ces idéologies ou ces identités tard au cours de notre vie.

De ce point de vue, le signifiant ou identifiant symbolique « Juif » est légèrement différent pour les juifs, lesquels sont nés dans une identité collective. Presque comme dans chaque cas de conditions biologiquement déterminées telles que les « femmes », les « hommes » ou les « noirs », certaines personnes sont nées juives. Cependant, nous voyons ici une déformation intéressante. Premièrement, les Juifs européens peuvent facilement disparaître à l’intérieur de la foule blanche occidentale par le biais de l’assimilation et de l’intégration en abandonnant leur identité juive derrière, contrairement aux noirs et aux femmes qui doivent vivre leur vie en acceptant et en appréciant qui ils sont. Deuxièmement, la dualité entre le nom et l’adjectif dans le cas des « noirs » et des « femmes » n’est pas nécessairement vécue comme un hiatus. Ni les noirs ni les femmes ne sont offensés d’être appelés comme tels.

Dans une certaine mesure la manière dont le signifiant « juif » fonctionne dans le discours peut être semblable à celle de l’identifiant symbolique « gay ». Bien que de nombreuses personnes homosexuelles soient fières d’exhiber leur identité gay, beaucoup d’entre eux sont aussi offensés lorsqu’ils sont étiquetés comme tel par d’autres. Dans bien des cas différents de la politique identitaire et marginale, on peut remarquer une tendance parallèle et simultanée « d’avouer » et de « désavouer » une inclinaison claire pour « s’identifier » avec un collectif tout en refusant d’être « identifié » en tant que tel par les autres.

Dans une réalité multiculturelle, nous avons tendance à croire que ce mode contradictoire de comportement a quelque chose à voir avec l’utilisation ou le mauvais usage des stéréotypes.

Un stéréotype est généralement défini comme une croyance publique ou commune à propos de certains groupes sociaux ou types d’individus. Il est souvent le produit d’une généralisation essentialiste par le biais de l’induction : il s’agit d’une hypothèse non scientifique sur les propriétés d’une classe de sujets basés sur l’accumulation d’observations anecdotiques ou des rencontres qui deviennent renforcées avec le temps et la répétition.

Le concept de « stéréotype » est souvent confondu avec la notion de « préjudice ». Assez souvent, on remarque que le stéréotype attaché à l’appartenance ethnique, la classe sociale ou tout autre groupe sont un moyen d’effectuer une opinion, généralement défavorable, fondée sur une connaissance insuffisante et sur des sentiments irrationnels.

A première vue, il semble que les Juifs soient très sensibles à l’implication discriminatoire raciale du mot « J ». Pourtant, la plupart des Juifs n’ont pas l’air inquiet lorsqu’ils sont associés collectivement avec certains grands esprits, d’adorables joueurs de violon ou des chefs d’orchestre. En bref, pour appliquer en toute sécurité la catégorie « juif », assurez-vous de dire ce qu’il faut. Personne ne vous posera de problèmes pour avoir mentionné Albert Einstein en référence à l’intelligence juive ou même pour avoir évoqué Anne Frank comme étant un thème exemplaire d’innocence juive, mais vous pouvez obtenir quelques ennuis sérieux si vous mentionnez des personnages réels ou fictifs de la liste suivante : Bernie Madoff, Fagin, Wolfowitz, Lord Levy, Shylock, Alan Greenspan, Netanyahou et Nathan Rothschild, sans même les identifier en tant que juifs.

Tout ce qui précède montre une image très obscure, mais loin d’être surprenante, Il semblerait que les juifs, en grande partie, n’ont pas de problèmes avec les stéréotypes ou les catégories collectives. Les généralisations raciales ainsi que les préjugés essentialistes ne les dérangent pas tant que ceux-ci sont positifs.

Fagin Vs Anne Frank

Il m’est récemment venu à l’esprit qu’en juxtaposant les stéréotypes juifs (ceux que les Juifs semblent détester par rapport à ceux que les propagandistes ethniques juifs essaient de promouvoir) on puisse jeter la lumière sur des questions cruciales concernant l’identité collective juive. Cela pourrait également nous suggérer comment les juifs se voient et plus important encore, cela pourrait aussi nous aider à comprendre comment ils préfèrent être perçus.

Il est assez évident que certains juifs sont plutôt mécontents du « Fagin » de Charles Dickens ainsi que du « Shylock » de Shakespeare qu’ils considèrent comme « antisémites ». J’ai l’impression que l’éminent avocat sioniste Londonien Anthony Julius aimerait voir ces personnages emblématiques de la culture, éliminés du discours populaire. D’un autre côté, les Britanniques du HET (Holocaust Education Trust) ont déjà réussi à placer Anne Frank au sein des programmes scolaires britanniques.

Il n’y a pas besoin d’être un génie pour comprendre pourquoi Julius et d’autres sont préoccupés par Fagin ou Shylock. Fagin est le pilleur ultime, un exploiteur d’enfants et un usurier. Shylock est le marchand assoiffé de sang. Avec Fagin et Shylock à l’esprit, la barbarie israélienne et le trafic d’organes semblent n’être seulement que d’autres événements dans un continuum infernal sans fin. Cependant, l’enthousiasme du HET envers Anne Frank est tout aussi évident. A première vue, pour des raisons évidentes, Anne Frank est là pour donner une image d’innocence. Car en effet, pas un seul système moral ne saurait justifier l’épreuve que cette jeune fille et beaucoup d’autres ont traversé.

Pourtant, Anne Frank n’était pas vraiment un génie littéraire. Son journal n’est pas une œuvre de grande valeur. Elle n’était pas exceptionnellement intelligente non plus. Elle était en fait une fille très ordinaire et c’est exactement là toute sa force dans le discours culturel occidental d’après la deuxième Guerre mondiale. Elle était juste une fille innocente normale. En fait, la tentative de faire d’Anne Frank une héroïne culturelle peut être un véritable reflet de la tendance sioniste vers la similitude. Frank reflète la tentative désespérée des sionistes de prouver au monde que « nous les juifs » sommes des gens comme les autres. En outre, le succès du Journal d’Anne Frank est là pour suggérer la volonté de l’Occident d’accepter les Juifs comme peuple parmi les peuples.

Pourtant, encore une fois, le discours juif est dans le flou. Les juifs ne peuvent jamais accomplir leur tâche. Ils ne peuvent pas être comme « les autres » puisqu’ aucun autre peuple ne veut être comme les autres. En fait, ceux qui demandent à être considérés comme l’égal des autres, doivent se sentir fondamentalement et catégoriquement différents. Une fois de plus nous sommes confrontés à une répétition du gouffre non résolu de l’identité collective juive entre « qui l’on prétend être » et « ce que l’on est vraiment ».

Dans son dernier livre « trials of the diaspora », Anthony Julius renouvelle son attaque contre ceux qu’il nomme les « antisémites » car étant antisionistes. Le problème avec l’antisionisme, dit Julius, est que « celui-ci nie aux Juifs le droit qu’il défend pour d’autres peuples comparables, il adhère au droit à l’autodétermination, sauf dans le cas des Juifs… Il proclame le droit international, sauf pour Israël. Il considère le nationalisme juif (le sionisme) comme étant exceptionnellement néfaste, plutôt qu’étant simplement un autre nationalisme » (Trials of the Diaspora, Anthony Julius, p. XI, Oxford University Press).

L’appel pour la légitimité et la similitude dans le texte de Julius est assez embarrassant, en raison du fait que le « droit à l’autodétermination » juif est célébré au détriment de quelqu’un d’autre (les Palestiniens). Le sionisme est exceptionnellement néfaste du fait qu’il est terriblement menaçant envers la population indigène de la terre sainte. Il est manifeste dans le texte de Julius que l’avocat Londonien préfère en quelque sorte éviter de s’impliquer avec la notion ou la signification de la pensée éthique.

Pour que la Hasbara (propagande) puisse triompher dans un débat et pour que Julius gagne son argumentation, les Juifs doivent prouver qu’ils sont vraiment les mêmes, plutôt que de demander d’être considéré comme similaire. Bien sûr, Julius doit savoir que le fait de remporter une argumentation morale et le fait de gagner un procès sont deux choses totalement différentes.

On peut supposer que Julius est assez familier avec « l’impératif catégorique » de Kant qui suggère qu’adopter un comportement éthique équivaut à « agir de telle sorte que la maxime de ses actions peut être érigée en loi universelle ». Julius risque de ne pas comprendre que le nettoyage ethnique de la majorité de la population palestinienne ne peut pas être « érigé en loi universelle ». L’enfermement de millions d’entres eux dans des camps de concentration tels que Gaza n’est pas exactement le signe d’un positionnement moral profond. Le largage de phosphore blanc sur des gens qui se cachent dans un refuge de l’ONU ne fait pas ressembler l’État juif aux autres États. En fait, il ne fait pas ressembler les juifs aux autres personnes non plus. Regarder les lobbies juifs dans le monde pousser à la guerre contre l’Iran ne fait pas ressembler les juifs aux gens ordinaires. Et c’est quelque chose que même Anne Frank ne peut pas changer.

Bien que Julius et d’autres voudraient supprimer certains stéréotypes essentiels de notre discours culturel collectif, ils peuvent réellement s’attendre à l’opposé. Fagin et Shylock sont aujourd’hui plus populaires que jamais. C’est assez dévastateur de voir qu’aujourd’hui, ce sont Fagin et Shylock qui répandent la lumière sur l’État juif et ses lobbies à travers le monde. Fagin n’est pas seul et il n’est pas non plus un épisode de fiction unique. La liste des crimes sionistes se dessine si rapidement qu’il est presque impossible pour nous de garder le rythme.

Je suis réticent à dire à Julius que sa tentative est vaine. Le monde extérieur se tourne rapidement contre Israël, le nationalisme juif et la suprématie juive. Le retrait de Fagin, Shylock et T.S. Eliot n’arrêteront pas le mot « Juif » d’être un adjectif et un emblème descriptif négatif. Pour que cela change, ou pour que les Juifs soient véritablement respectés, l’autoréflexion est d’une importance primordiale. Au lieu de souligner ce qui va si mal avec les Goyim, les Juifs devraient envisager de se regarder dans le miroir. Je l’ai essayé une fois il y a plusieurs années. Je ne m’en suis jamais remis. Cela m’a transformé en un profond haïsseur de moi-même.

Rachel Corrie et le tampon juridique casher par Gilad Atzmon

La décision du juge Oded Gershon, prise plus tôt cette semaine, que l’état d’Israël n’est pas à blâmer pour la mort de Rachel Corrie, n’est pas une surprise. En fait, elle réaffirme tout ce que nous savons déjà à propos de l’état juif, sa politique, son système judiciaire ainsi que son état d’esprit.

Israël est sûrement un état des plus étranges, il est insensible à la pensée éthique et humaniste. En conséquence, le juge Gershon a donné cette semaine un tampon casher à un assassinat de sang-froid et ce faisant, il prouve une fois encore que les actions criminelles israéliennes sont en accord avec les interprétations les plus viles de l’Ancien Testament et de la haine du goy talmudique.

Comme on pouvait le prévoir, le juge Gershon s’est limité au légalisme et au contentieux, plutôt qu’à la pensée éthique, il a en fait blâmé Corrie pour n’avoir pas eu un « comportement raisonnable ». Pourtant, on peut se demander ce qu’il veut dire par « raison » ou, plus précisément, qu’est-ce qu’un israélien veut dire quand il se réfère à la « raison ».

Rachel Corrie a été écrasée par un bulldozer militaire israélien, un Caterpillar D9, le 16 mars 2003. Elle faisait partie de l’ISM (International Solidarity Movement), un groupe de militants pacifistes non-violents pro-palestiniens. Étant une jeune américaine, Corrie a cru à tort que les soldats israéliens étaient humainement déterminés. Étant elle-même une personne raisonnable, elle doit avoir cru qu’un conducteur de bulldozer israélien ne lui passerait jamais sur le corps. Elle avait tort. Corrie a clairement échoué à comprendre que le « raisonnement » israélien était mortellement alimenté par de la psychose ainsi que par des fantasmes de destruction.

Corrie a échoué, précisément là où tant de militants ont échoué. Israël n’est pas un état normal. C’est l’état d’un peuple seulement et d’un peuple qui se croit élu. La signification de ceci est à la fois simple et dévastatrice. Le peuple d’Israël croit que sa vie et sa sécurité sont des atouts cosmiques qui doivent être maintenus au détriment du reste de l’humanité. Cependant, ne vous trompez pas, la psychose israélienne est cohérente et même entraînée par la raison, mais cette « raison » est quelque peu différente de celle du reste d’entre nous. Elle est certainement loin d’être universelle.

Rachel Corrie, en revanche, est un symbole universel. Elle est l’incarnation de la solidarité, de la pensée empathique et du courage, mais sa mort tragique est aussi une indication claire qu’il y a un problème fondamental avec Israël. La mort de Rachel Corrie rend clair le fait que ce n’est pas seulement les dirigeants israéliens ou l’élite militaire qui sont aveugles à la vie humaine et à la conduite morale. Ce ne sont pas seulement Netanyahou ou Barak qui sont dans un état de rejet de la vie humaine. Nous sommes ici en présence d’un continuum meurtrier, ce sont les dirigeants, les soldats anonymes, les chauffeurs de bulldozers – ainsi que le juge Gershon et le système juridique israélien.

Israël aurait pu utiliser l’appel de la décision du tribunal de la famille de Corrie pour améliorer sa conduite. Mais le juge Gershon a été en fait assez honnête pour admettre que l’assassinat de Rachel Corrie était la « bonne chose à faire ». C’était sa faute, elle n’aurait pas dû être là initialement, a-t-il dit. Le juge Gershon nous a fourni cette semaine le vrai sens du « raisonnement israélien ».

L’assassinat de Corrie était conforme à la philosophie de survie d’Israël et avec l’interprétation israélienne de l’état juif. Cette semaine, le juge Gershon nous a donné un tampon casher pour un assassinat de sang-froid.

Tribalisme, racisme et projection par Gilad Atzmon

1ere partie :

Dans cet article, j’expose l’aspect trompeur qui est malheureusement inhérent à certaines idéologies antiracistes. Je reviendrai sur le rôle de l’antiracisme dans le maintien à la fois du sionisme et du discours de gauche.

« Nous ne voyons pas les choses comme elles sont, nous les voyons comme nous sommes. » (Anaïs Nin)

Il n’y a pas besoin d’être un génie pour se rendre compte que les gens qui sont identifiés comme étant sionistes et juifs sont en quelque sorte surreprésentés dans les affaires du monde d’aujourd’hui. Les pro-guerres et les think tanks néoconservateurs ont été massivement saturés de juifs sionistes tout comme le sont les défenseurs de « l’interventionnisme moral » au sein des médias. Les « cerveaux » derrière la soi-disant doctrine de Bush. c’est-à-dire « la guerre contre le terrorisme », étaient Paul Wolfowitz et Scooter Libby, et si cela ne suffisait pas, au cœur de la tourmente financière nous trouvons aussi des personnes juives, ainsi que des institutions financières qui sont clairement reconnaissables comme juives – comme Lehman Brothers, Goldman Sachs, Alan Greenspan, Bernie Madoff, et bien d’autres.

Il faut ici se poser une question évidente – pourquoi est ce que les Juifs du monde entier devraient se sentir concernés en aucune façon par ces faits ? Pourquoi est ce qu’ils devraient se sentir concernés par des actions ou des idées avec lesquelles ils n’ont sans doute rien à voir ? Pourquoi mon voisin juif, également soumis à la crise financière et qui n’a aucun lien avec Madoff, Wolfowitz, David Aaronovitch ou Lord « cash point » Levy, devrait se sentir concerné par les bévues financières ou impériales actuelles pour lesquelles il n’a aucune responsabilité ? Pourquoi mes amis musiciens juifs qui n’ont pas de liens avec Israël, l’AIPAC, la FCI, HNC, Nick Cohen ou Alan Greenspan devraient se sentir coupables de crimes ou de mesures prises par d’autres tout simplement parce qu’ils se trouvent également être juifs ?

Est-ce qu’un Français ou un Irlandais en Amérique se sentirait menacé ou potentiellement discriminé en raison de révélations concernant quelques-uns de leurs compatriotes qui auraient été impliqués dans un scandale majeur colossal ? Par conséquent, la question que je soulève ici est simple : pourquoi des Juifs devraient se sentir coupables de crimes commis par d’autres personnes ? D’autres personnes qu’ils ne connaissent pas et avec qui ils ne sont pas affiliés ?

Et la réponse est tout aussi simple – des juifs en tant qu’individus n’ont aucune raison d’assumer la responsabilité d’actes commis par d’autres Juifs. Mais la vérité sur ce sujet, c’est que beaucoup de Juifs sont extrêmement préoccupés par ces maladresses actuelles : certains se sentent coupables et beaucoup – tout du moins potentiellement – se sentent menacés. Je dirais qu’une telle réaction mérite toute notre attention.

Parmi mes autres péchés, je scrute régulièrement les médias juifs, et il me paraît évident que les institutions juives sont mises en alerte par n’importe quel scandale même si celui-ci n’est que légèrement associé avec à des protagonistes ou des institutions juives. Les médias juifs donnent l’impression que chaque bévue associée à un Juif est très susceptible de se transformer en une vague d’antisémitisme.

Nous sommes donc amenés à nous demander si la peur juive de l’antisémitisme est effectivement justifiée, ou si elle est simplement conduite par un « fantasme de destruction. »

Dans mon dernier livre “Quel Juif Errant ?”, je prétends que la peur juive de l’antisémitisme est en grande partie auto-infligée et a très peu à voir avec la réalité environnante. Les Juifs ont tendance à se considérer comme une tribu et la plupart des Juifs sont soumis à un degré d’endoctrinement culturel racialement motivé. D’une part, la religion du judaïsme enseigne à ses disciples que « tout les Israéliens sont responsables les uns envers les autres »(Kol Yisrael areivin zeh l’zeh), tandis que d’autre part, les non religieux, les laïcs et les Juifs émancipés qui s’identifient politiquement, idéologiquement et socialement en tant que Juifs, évoluent aussi au sein de cadres juifs ethno-centrés.

Même au sein du mouvement de solidarité palestinien, nous trouvons des Juifs qui opèrent au sein de cellules juives telles que JBIG (Juifs pour le boycott des produits israéliens) et IJAN (Réseau international des Juifs antisionistes). D’une certaine manière, ils se sentent également principalement « responsables les uns envers les autres. »

Cette lecture des communautés juives contemporaines peut révéler pourquoi beaucoup de Juifs sont alarmés par les crimes commis par d’autres Juifs – des Juifs qu’ils ne connaissent même pas.

Je peux penser à trois raisons pour une telle situation :

1/ Projection : Parce que certains Juifs se considérant comme appartenant à une tribu racialement exclusive, ils tendent à croire que d’autres – les non Juifs – les considéreront aussi comme tels. En d’autres termes, beaucoup de Juifs projettent leurs propres symptômes ethnocentriques sur les goyim. Ils pensent que les goyim sont aussi racialement motivés qu’ils le sont eux-mêmes.

2/ Culpabilité : Parce que certains Juifs ayant tendance à se considérer comme appartenant à une tribu racialement exclusive, ils se sentent coupables de ne pas arrêter les membres de la tribu qui sont impliqués dans des bévues majeures.

3/ Conjonction : à la fois 1 et 2. Il devient alors de plus en plus clair, qu’au cœur de la peur juive de l’antisémitisme et de l’intolérance anti-juive on trouve une orientation raciale juive, qui se manifeste sous diverses formes de projections et de culpabilités. Bien qu’il soit clair que les Juifs ne forment pas une race, il y a peu de doute que la judéité – et particulièrement le discours laïc juif – soit racialement, ou tout du moins tribalement motivée. Peu de gens sont conscients de la tension raciale qui existe entre les différentes communautés juives, les juifs ashkénazes et les juifs séfarades. En Israël, le don de sang des citoyens noirs d’origine éthiopienne est interdit pour des « raisons médicales ». Le système juridique d’Israël est saturé de lois discriminatoires racistes et suprémacistes contre la population arabe et non juive.

Dans une certaine mesure, la crainte de l’antisémitisme, inhérent au discours politique laïc juif et sioniste, est alimentée par la conviction que « l’autre », c’est à dire le goy, pourrait bien être tout aussi motivé par une idéologie raciste de même nature.

Il faut dire que certains Juifs pourraient offrir des raisons de rejeter l’explication ci-dessus : ils pourraient faire valoir que l’histoire juive (c’est-à-dire la chaîne sans fin de Shoah), prouve que « les fils d’Israël » ont raison d’être en état d’alerte constant. Ils pourraient dire que les Juifs doivent être constamment conscients du fait que leurs voisins pourraient se retourner contre eux à un moment donné.

Je suggère que nous avons affaire ici à une situation similaire à celle de « l’œuf et de la poule » : alors que certains Juifs seraient d’accord entre eux pour dire que l’antisémitisme est en grande partie une « maladie irrationnelle », quelques historiens comme Bernard Lazare* ont été assez courageux et honnêtes pour se demander exactement pourquoi et comment, les Juifs ont réussi à s’attirer tant de douleurs sur eux-mêmes.

2ème partie :

Dans cette partie, j’explore le rôle trompeur de la politique juive (à la fois sioniste et antisioniste) au sein de la campagne « antiraciste ».

Le racisme est un bien grand mot qui comporte de très mauvaises connotations. Être accusé de racisme est l’une des qualifications les plus blessantes et potentiellement dommageables qu’il puisse y avoir. Et pourtant, combien de « racistes » pensent vraiment en termes de « déterminisme biologique » ? Combien de « racistes » pensent vraiment en termes de « gènes » ou même de « couleur de peau » ? Je ne crois pas qu’il y en a tant que ça.

Tout en reconnaissant que le racisme a eu un impact culturel important et politiquement mortel entre la fin du 19eme et le milieu du siècle dernier, dans la vie politique moderne, le mot « racisme » est souvent mal utilisé, utilisé à tort, ou, dans certains cas, consciemment utilisé pour induire en erreur et même au silence.

Bien que les discriminations envers des groupes minoritaires soient malheureusement courantes et totalement inacceptables, elles ne sont pas nécessairement toujours motivées par un racisme rudimentaire. L’islamophobie, par exemple, est généralement considérée comme une manifestation contemporaine de racisme, mais je conteste une telle interprétation. J’affirme que l’islamophobie n’est pas motivée par le racisme, mais est plutôt en fait un grossier symptôme d’intolérance – la xénophobie se manifeste par la haine, l’intolérance et la discrimination. Mes amis anglais convertis à l’islam sont souvent victimes de violences par des militants juifs (à la fois sionistes et antisionistes) et par la Ligue de défense anglaise – mais pas à cause de leurs « gènes », de la « biologie » ou de la couleur de leur peau, mais plutôt parce qu’ils sont « différents », parce qu’ils contestent le système de valeurs occidental et parce qu’ils s’opposent à Israël et ses lobbies. De toute évidence, ils sont perçus par certains comme des « ennemis publics », mais cette réaction ne peut pas toujours être comprise uniquement comme un racisme en soi.

De même, il est évident qu’il n’est pas facile d’être noir dans un pays multiculturel comme la Grande-Bretagne. Étant moi-même musicien de jazz, je vois directement comment mes amis noirs sont souvent traités dans ce pays et je vois beaucoup de preuves d’intolérances anti-noir institutionnelles. J’ai lu à propos de jeunes noirs qui se font arrêter et fouiller par la police environ une à quatre fois par jour. Ceci est une preuve claire et inacceptable de discrimination.

Mais est-ce vraiment toujours une question de racisme ? Est-ce uniquement motivé par du « déterminisme biologique » ? Est-ce vraiment une question de « gènes », de « sang » ou de « couleur de peau » ? C’est en effet une question ouverte et évidemment, je n’exclus pas la possibilité d’un racisme anti-noir (biologique). Cependant, j’ai tendance à croire que dans les sociétés multiethniques contemporaines, la plupart des cas d’intolérance et de discrimination anti-noirs sont des manifestations variées de profonds sentiments xénophobes mélangés avec quelques exemples de profondes et sinistres intolérances culturelles.

En d’autres termes, assez souvent, l’intolérant contemporain ne se préoccupe pas du tout de questions biologiques, mais plutôt de constructions sociales et de symbolismes culturellement motivés (1). C’est sûrement un grave sujet de préoccupation, et dans certains cas, cela entraîne des inclinations meurtrières qui se doivent d’être traitées, mais ce n’est pas nécessairement du racisme (biologique) en soi.

Mais qu’est-ce donc si ce n’est pas du racisme ? Je le répète, que celles-ci sont mieux comprises comme étant différentes formes d’intolérances culturelle et politique profondes dans le cadre de certaines interrelations ethniques graves et troublées.

On peut donc se demander pourquoi nous limitons notre compréhension de ce que combattre le « racisme » veut dire, quand nous devrions en fait protester contre des formes d’intolérances, de tensions ethniques et de discriminations culturelles.

Je veux dire que la confusion ici entre « l’intolérance profonde », la « discrimination culturelle » et le « racisme » n’est en fait pas une coïncidence – il s’agit plutôt là de servir une cause politique sioniste évidente. Assez curieusement, c’est là pour maintenir une orientation raciale claire ainsi que de la ségrégation au cœur du discours multiculturel. Dans de nombreux cas, ceux qui « s’opposent » au racisme doivent être capables de penser dans des catégories raciales en premier, sinon leurs oppositions seraient en vain. (2)

Donc paradoxalement, la « lutte contre le racisme » avec laquelle beaucoup d’entre nous s’identifient, peut dans certains cas, évoluer vers un discours racialement motivé. Souvent, il peut même mettre en péril le processus d’intégration naturelle et l’évolution vers des relations sociales harmonieuses (3). Il peut même défaire un vrai processus d’autoréflexion et de mimétisme entre la victime et l’agresseur.

Au sein du discours public contrôlé par l’idéologie « antiraciste », la victime de toute insulte raciste est immédiatement rachetée. Elle n’a pas besoin d’autoréflexion sur ses propres actions puisqu’il n’y a pas grand-chose qu’elle puisse faire au sujet de ses « conditions biologiquement déterminées ». Les sionistes et les militants de la hasbara (4), par exemple, ont tendance à rejeter toute critique éventuelle de la politique juive et des actions israéliennes comme étant de « l’antisémitisme ». Ce faisant, ils se sont essentiellement « déconnectés ». Ils sont capables d’ignorer la réalité qui les entoure en se référant à toute critique éventuelle de leurs actions comme étant juste un autre exemple de haine aveugle, « racialement » motivée envers les Juifs. Au lieu de prendre en compte les critiques et de les examiner au moyen d’autoréflexions, le discours politique juif a évolué dans un discours borné et sans ouvertures.

De même que « l’agresseur » soi-disant « raciste » peut également rejeter l’appel antiraciste parce que sa critique à lui est largement ignorée. « L’agresseur » sait que dans la plupart des cas ce n’est en fait pas un problème de race, mais plutôt des questions politiques, culturelles et idéologiques capitales, ce qui lui permet donc d’ignorer complètement la question. En dépit du fait qu’au sein du discours antisioniste contemporain personne ne critique les Juifs en tant que Juifs ou en employant une idéologie ou une terminologie racialement motivée, la Hasbara et les agents sionistes tentent de faire taire les critiques politiques à l’encontre d’Israël en lançant le label antisémite dans l’air. Cette tactique ne fait évidemment pas taire les critiques envers Israël, mais il maintient certainement un abîme de surdité mutuelle entre les sionistes et leurs critiques. Donc, on se retrouve avec deux discours parallèles qui ont perdu tout espoir d’échange futur.

Je crois que ce seul fait souligne la gravité de la perspective de paix. La politique antiraciste est en danger constant d’ériger des murs de surdité qui maintiennent la ségrégation intellectuelle, ethnique et politique au cœur de notre discours public. Plutôt que de promouvoir l’espoir, l’intégration, la tolérance, l’harmonie, l’assimilation et le dialogue – l’antiracisme peut facilement promouvoir la surdité et l’étroitesse d’esprit exactement là où l’écoute et l’échange sont les plus nécessaires.

Il m’a fallu un certain temps pour réaliser que dans de nombreux cas, ce sont les sionistes et les lobbies juifs qui maintiennent et promeuvent le discours politique « antiraciste », et ils le font pour deux raisons principales :

1- Étant immergés eux-mêmes dans un discours raciste, ils sont limités à penser en termes de catégories politiques raciales.

2- Le racisme et l’antiracisme sont pratiques car ils enlèvent toute responsabilités aux victimes. Si les Juifs sont haïs simplement parce qu’ils sont « juifs », alors le Juif est éthiquement irréprochable.

Les implications de tout cela sont sérieuses – tant que la politique identitaire juive et le sionisme seront protégés par des définitions catégoriques d’antiracisme, les Juifs pourront éviter toutes formes d’autoréflexions.

Mais les Juifs et les sionistes ne sont pas seuls ici : la gauche est également intéressée par le discours antiraciste parce qu’il maintient la pertinence de celle -ci comme étant à la pointe de la « prise de conscience éthique » progressiste.

La gauche s’est érigée comme le défenseur des faibles, et c’est d’ailleurs adorable. Au fil des années la gauche a pris parti pour les noirs, les sionistes, les juifs, les irakiens, et même les palestiniens. Mais pour une raison quelconque, la gauche a échoué dans sa coopération avec le chef de file de la force anti-impérialiste contemporaine – la communauté musulmane. La gauche a également omis de reconnaître qu’en Europe, les musulmans sont la vraie classe ouvrière opprimée et la gauche a manifestement omis de coopérer avec le gouvernement démocratiquement élu du Hamas ainsi qu’avec les Frères musulmans égyptiens. Je suggère que l’échec de la gauche dans sa coopération avec la communauté musulmane est symptomatique d’une profonde et inhérente intolérance de l’Ouest : la gauche n’est pas raciste, mais elle est fondamentalement imprégnée d’intolérance culturelle et idéologique : peut être est-ce un état d’esprit lié à la pratique et au pragmatisme d’être un « progressiste » (5). Je suppose que certaines personnes peuvent se sentir très « spéciales » simplement parce qu’elles croient à l’égalité.

Naturellement, la « cause » de la « lutte contre le racisme » lie certains éléments au sein de la gauche avec les sionistes et la campagne Hasbara. On peut dire que la soi-disant politique « antiraciste » est devenue un autre symptôme de la sionisation du discours politique occidental avec la gauche, qui la soutient, considérée comme un simple instrument sioniste. Cela peut expliquer pourquoi le premier groupe de campagne antiraciste du Royaume-Uni « Hope not hate » (6) est une émanation du magazine sioniste Searchlight, cela explique aussi pourquoi les mêmes sionistes de « Hope not hate » tentent de censurer la liberté de parole des dirigeants musulmans en Grande-Bretagne. Cela explique pourquoi le prétendu blog « antiraciste » Harry’s place (étroitement affilié à Hope not hate) a remporté la section britannique de « The Annual Islamophobia Awards » organisé par l’IHRC en 2006.

En Allemagne, le mouvement « antiraciste » et antifasciste Antideutsche est ouvertement pro-Israël, pro-sioniste et aussi anti-islam. Je suppose que ces sionistes rabiques ainsi que ces groupes de campagnes pro-sionistes, ce sont eux-mêmes installés au cœur de la soi-disant gauche juste pour s’assurer que de là, ils pourraient mieux combattre les ennemis d’Israël. Mais cela va plus loin. Lors de la dernière campagne de solidarité palestinienne de l’AGM du Royaume-Uni, deux militants juifs, qui opèrent ouvertement dans une cellule politique réservée aux juifs (JBIG), ont proposé une motion contre le racisme. Je suppose que l’absurdité de la situation est claire et n’a pas besoin de plus amples éclaircissements.

Ainsi, comme nous pouvons le constater maintenant, une partie des forces suprémacistes et intolérantes de premier plan au sein de notre discours politique contemporain ont réussi à se placer directement au cœur même de l’appel « antiraciste ». En outre, comme il devient clair qu’Israël et ses lobbies sont la force motrice de l’islamophobie, il est assez étonnant de constater que les organismes sionistes dominent également le discours antiraciste. La signification de cela est assez simple – le racisme et son opposition sont progressivement devenus une affaire intérieure juive.

La conclusion est simple. Il est temps pour nous de passer à autre chose, d’admettre que le racisme et le déterminisme biologique ne jouent aucun rôle significatif dans le discours public et politique d’aujourd’hui. Nous devons repenser et redéfinir exactement ce qui mène à la discrimination sociale et à l’intolérance culturelle. Le racisme sous sa forme brute appartient en grande partie au passé. Notre univers multiethnique n’est pas intrinsèquement raciste et donc l’antiracisme ne peut pas être un appel universel. Dans de nombreux cas, les « politiques antiracistes » sont en fait là pour détourner l’attention de certaines politiques et idéologies discriminatoires institutionnelles.

Il est de plus en plus évident que la campagne antiraciste, dans sa forme actuelle, est là pour servir certains intérêts politiques clairs, et est largement contrôlée par des sionistes, des lobbies et des groupes de pression juifs racialement motivés. Elle est là pour faire taire toute critique d’Israël, du lobby israélien, de la politique juive et du sionisme.

J’ai commencé cet article en demandant pourquoi les Juifs devraient se sentir coupables de crimes commis par d’autres personnes qu’ils ne connaissent pas et avec qui ils n’ont aucun lien ? La réponse devrait maintenant paraître évidente : plutôt que de libérer le reste de l’humanité du racisme, les sionistes, les militants du hasbara ainsi que les Juifs « antisionistes » devraient d’abord s’émanciper de leur propre idéologie raciste – et arrêter de projeter leur propre tribalisme sur leurs réalités environnantes serait certainement un bon endroit pour commencer.

(1) J’ai tendance à croire que les affrontements entre groupes ethniques et politiques en Grande-Bretagne sont alimentés par des tensions sociales et démographiques plutôt que par la haine envers la couleur de peau.

(2) On ne peut pas réfléchir au sens de la lutte contre X, sans avoir au préalable une certaine compréhension de X.

(3) Les groupes minoritaires dans leurs discours de victimisation variés (par exemple), peuvent rater des occasions de s’intégrer dans de plus larges structures sociales, ethniques et politiques.

(4) Hasbara : propagande israélienne.

(5) Ce qui en pratique ne diffère pas de la notion « d’élu » des juifs laïcs.

(6) Selon son site officiel « Hope not Hate » est une campagne de « searchlight » pour lutter contre le racisme et le fascisme.” Http://www.hopenothate.org.uk/about-us/

Gilad Atzmon : “Une guerre qui n’attend qu’un prétexte pour

commencer”

Quelques heures après l’attaque sur des touristes israéliens en Bulgarie, le ministre israélien Benjamin Netanyahu ainsi que son ministre de la Défense Ehud Barak, se sont empressés d’annoncer que l’Iran et le Hezbollah étaient derrière l’attaque.

En fait, il n’a pas fallu au Premier ministre israélien plus de deux heures pour blâmer un autre pays d’avoir commis un acte de guerre sur des citoyens israéliens sur le territoire d’un pays tiers. Bien sûr, Netanyahu n’a fourni aucune preuve pour appuyer sa thèse. En fait, même aujourd’hui, trois jours après l’attaque, aucune piste claire suggérant une connexion iranienne ou avec le Hezbollah n’est disponible.

Qu’est ce qui rend donc Netanyahu aussi déterminé ? Est-ce parce qu’il est lui-même au courant que les agents israéliens ont tué des scientifiques iraniens pendant des années ? Est-ce que Netanyahu a réagi ainsi parce qu’il pensait lui-même que compte tenu des assassinats du Mossad à Téhéran, Israël pourrait bien avoir provoqué lui-même une riposte iranienne ? Est-ce que Bibi se projetait ?

Je n’ai évidemment pas accès aux esprits de Netanyahu ou de Barak, mais Israël a maintenant clairement fait savoir son désir intense d’attaquer les installations nucléaires de l’Iran, même si une telle attaque dégénérerait en un conflit nucléaire mondial.

Afin de saisir une telle morbidité, nous devons garder à l’esprit que cette auto-annihilation collective est inhérente à la culture israélienne. En l’occurrence, les histoires de Massada et de Samson, les deux récits héroïques suicidaires, sont chéris en Israël. Pourtant, autant Netanyahou et Barak sont désireux de lancer une guerre mondiale, autant il est loin d’être évident que les masses israéliennes soient toute aussi désireuses de se sacrifier sur l’autel national juif.

Je suppose que cette précipitation de Barak et Netanyahu d’accuser l’Iran doit être considérée comme une indication claire de leur empressement à vouloir attaquer le pays. A l’heure actuelle, les deux dirigeants israéliens ont réussi à se débarrasser de toutes les voix importantes s’opposant à une telle attaque.

L’ancien chef du Mossad Meir Dagan ainsi que le chef d’état-major de l’armée de défense d’Israël Gabi Askenazi, qui se sont tous deux opposés à une action militaire contre l’Iran, sont désormais exclus de tout processus de prise de décision. Shaul Mofaz, Chef d’état-major à la retraite et président du parti Kadima, qui s’est également opposé à une attaque contre l’Iran, a quitté la coalition de Netanyahou, la semaine dernière. Il semble que personne au sein du cabinet israélien ne soit là pour arrêter l’enthousiasme génocidaire de Barak et Netanyahu.

Par ailleurs, d’un point de vue militaire israélien, le chaos actuel en Syrie est interprété comme une « fenêtre d’opportunité ». Les généraux israéliens supposent que le régime d’Assad, qui lutte pour sa survie, s’abstiendra de participer à toute attaque contre l’Israël. Les Israéliens sont aussi convaincus que sans l’appui de la Syrie, le Hezbollah sera également contraint de rester en dehors de celle-ci. En termes militaires israéliens, cela signifie que le nord d’Israël n’est pas en danger imminent de missiles du Hezbollah, de moyenne et courte portée – Tout du moins pour le moment.

Comme d’habitude, Les Israéliens se font des illusions. Pour une raison particulière, ils ne parviennent pas à saisir les possibles conséquences dévastatrices d’un tel conflit. Barak, par exemple, a commenté avec optimisme la semaine dernière le fait qu’un affrontement avec l’Iran pourrait « coûter jusqu’à 500 vies Israéliennes ».

Tout d’abord, il est intéressant de voir avec quelle facilité un ministre de la Défense israélien est heureux de sacrifier 500 personnes de son peuple. Deuxièmement, l’estimation sur laquelle Barak se base est loin d’être claire. Compte tenu des hypothèses communes que l’Iran exercerait des représailles immédiates par le lancement d’une première vague de plus de 1500 missiles en direction de Tel Aviv, Barak doit croire que chaque missile iranien n’est pas capable de détruire plus d’un tiers d’un Israélien. Barak est en effet un optimiste.

Ce n’est également pas sur qu’Israël possède la capacité militaire de frapper l’Iran et puisse mettre en péril son projet nucléaire. Plus tôt cette année, les analystes américains ont suggéré que la Force aérienne israélienne ne possédait pas la puissance nécessaire pour attaquer l’Iran. Par exemple, il leur manque des capacités de ravitaillement en vol nécessaires pour démanteler le projet nucléaire iranien. Il n’est également pas certain qu’Israël puisse attaquer l’Iran sans le feu-vert américain et il est largement admis qu’il est peu probable qu’Obama donne une telle approbation avant l’élection américaine.

Je suppose que la signification de tout cela est assez simple : Qu’Israël attaque l’Iran est évidemment une question ouverte. Toutefois, nous avons une indication claire que les dirigeants israéliens sont plus que désireux de le faire. Barak et Netanyahu ne demandent qu’un prétexte pour lancer un conflit mondial. La signification de cela est tout à fait clair – l’Etat juif et ses lobbies pro-guerre sont l’ultime menace pour la paix mondiale. Cette menace doit être prise en charge immédiatement.

Gilad Atzmon : « Le Capitalisme et les juifs » de Milton Friedman revisité

Étant donné la sévérité et l’incertitude de la crise économique que nous expérimentons tous, je suggère que nous regardions une fois encore l’œuvre de Milton Friedman, l’éminent économiste et ardent défenseur du capitalisme pur et dur.

Au cours de la période 1960/1980, Friedman était considéré par beaucoup d’universitaires, de politiciens et de leaders du monde comme l’économiste post-deuxième guerre mondiale le plus important. Friedman était conseiller économique en chef pour Ronald Reagan, Margaret Thatcher et Menachem Begin. Il a aussi conseillé le dictateur militaire Chilien Augusto Pinochet.

Il est loin d’être surprenant de constater que de plus en plus de commentateurs aient ces dernières années réalisé que c’était l’idéologie de Friedman et son plaidoyer pour la libre entreprise, la non-intervention gouvernementale et la privatisation qui ont conduit à la catastrophe financière actuelle. C’était aussi la philosophie de Friedman qui a contribué à la transformation de l’occident en une économie de service.

Mais Friedman n’était pas seulement un économiste : Il était aussi un ardent sioniste et un juif très fier. Friedman était aussi intéressé par le rôle des juifs dans le monde de la finance et de la politique. Il  a aussi essayé d’analyser et de comprendre l’attitude des juifs envers l’argent. En 1972, il s’exprima à la société du Mont-Pèlerin au sujet du « capitalisme et des juifs ». En 1978, il répéta cette conférence, s’adressant aux étudiants juifs à l’institut Hillel de l’université de Chicago.

Je pense que Friedman mérite notre attention immédiate puisqu’il contribua à l’ascension d’une idéologie et d’une école de pensée qui porte une certaine responsabilité dans le réarrangement (certains diront démantèlement) de l’économie occidentale.

Le paradoxe juif :

Friedman était sans aucun doute un esprit vif qui pouvait donner des critiques vives et succinctes. Pourtant, Friedman n’était pas tout à fait un cosmopolite dans tous les sens du terme puisqu’il était profondément impliqué dans les préoccupations juives et les affaires sionistes, et qu’il était délibérément ouvert et transparent sur ces faits.

Dans les conférences qu’il a donné en 1972 et 1978, Friedman a examiné un paradoxe juif unique : « Voici deux propositions » a-t-il dit, « chacune d’entre elle est validé par les preuves et pourtant elles sont incompatible l’une avec l’autre »

La première proposition est que « il y a peu de peuples, voir aucun autre dans le monde qui doivent autant que les juifs à la libre entreprise et au capitalisme concurrentiel ».

-La seconde proposition est que « il y a peu de peuples dans le monde voir aucun autre qui ont fait autant que les juifs pour saper le fondement intellectuel du capitalisme ».

Comment concilie-t-on ces deux propositions contradictoires ?

Comme on peut le déduire de nos jours, Friedman, l’avocat de la libre entreprise, était clairement convaincu que le monopole et l’intervention du gouvernement étaient mauvais en général, mais, plus important encore pour lui, ils étaient également mauvais pour les juifs.

« Partout où il y a un monopole, qu’il soit privé ou gouvernementale, il y a de la place pour l’application de critères arbitraires dans la sélection du bénéficiaire du monopole – Que ces critères soient la couleur de peau, la religion, l’origine nationale ou d’autres. La où il y a la libre concurrence, seul la performance compte ». Friedman préfère clairement la concurrence. Selon lui, « le marché est daltonien. Une personne qui va au marché pour acheter du pain ne sait ou ne veut savoir si le blé a été cultivé par un juif, un catholique, un protestant, un musulman ou un athée : Par des blancs ou des noirs ».

Friedman va même plus loin : «Tout meunier qui tient à exprimer ses préjugés personnels en achetant uniquement  à des groupes préférés a un désavantage compétitif, étant donné qu’il s’empêche d’acheter la source la moins chère. Il peut exprimer son préjudice, mais il devra le faire à ses propres frais et accepter un revenu monétaire plus faible que ce qu’il pourrait normalement gagner ».

« Les juifs » continue-t-il, « ont le plus prospéré dans les pays ou le capitalisme concurrentiel a eu le plus d’ampleur : La Hollande du 16ème et 17ème siècles, la Grande-Bretagne et les États-Unis au 19ème et 20ème siècles et l’Allemagne entre la fin du 19ème et le début du 20ème siècle ».

Selon Friedman, ce n’est pas un hasard si les juifs ont le plus souffert sous l’Allemagne nazie et la Russie soviétique, puisque ces deux pays ont clairement défié l’idéologie du marché libre.

On peut suggérer à ce point, que si c’est sans doute vrai que les juifs ont souffert sous la Russie soviétique et l’Allemagne nazie, et même s’il est vrai que ces pays ont défié l’idéologie du marché libre, Friedman ne parvient pas à établir une relation causale ou même rationnelle entre l’opposition au marché libre et les politiques anti-juives.

Néanmoins, le message que Friedman véhicule est clair : Les juifs bénéficient du capitalisme dur et des marchés concurrentiels

Pourtant Friedman est également intrigué par l’affinité des intellectuels juifs pour l’anticapitalisme : « Les juifs ont été le bastion du sentiment anticapitaliste. De Karl Marx à Léon Trotski en passant par Herbert Marcuse, une fraction importante de la littérature anticapitaliste a été rédigé par des juifs »

Friedman se demande comment cela est possible ? Comment se fait-il que malgré le record historique des bienfaits du capitalisme pour les juifs ; En dépit de l’explication intellectuelle de ce phénomène qui est implicite ou explicite dans la plupart de la littérature libérale à compter d’Adam Smith, les juifs ont été démesurément anticapitalistes ?

Friedman examine certaines réponses :

Assez souvent nous entendons des juifs de gauche dire que leur affinité pour les questions humanitaires est entrainée par leur « héritage humaniste juif ». J’ai moi-même remarqué plus d’une fois que ceci est un mensonge absolue. Il n’y a pas de tel héritage juif. Poussé par un précepte tribal, l’idéologie juive et le judaïsme sont dépourvus d’éthiques universelles. Et s’il y a un peu d’humanisme dans la culture juive, il est loin d’être universel.

Cependant, Friedman va plus loin sur le sujet : En se référent directement à Lawrence Fuchs qui soutient que l’anticapitalisme des juifs est « un reflet des valeurs issues de la religion et de la culture juive », Friedman s’étonne : Si la culture juive est en effet intrinsèquement anticapitaliste (Comme le suggère Fuchs), alors comment se fait-il que les juifs n’aient pas réussi à lutter contre le capitalisme et le libre marché tout au long de leur histoire ? Friedman analyse que  « tandis que la religion et la culture juive remonte  à plus de 2000 ans, l’opposition juive au capitalisme et l’attachement au socialisme remontent quand  à eux a moins de deux siècles ».

En tant qu’intellectuel juif, Friedman a réussi à démonter l’argument de Fuchs  selon lequel la culture juive serait intrinsèquement socialiste ou humaniste. Si le judaïsme est en effet intrinsèquement et naturellement lié à une telle éthique, comment ce fait-il que cet humanisme ait échoué à devenir dominant à travers l’histoire juive ?

Friedman reflète aussi d’une manière étonnamment respectueuse, les écrits du prétendu antisémite Werner Sombart, « les Juifs et le capitalisme moderne ». Sombart identifie l’idéologie juive au cœur du capitalisme. « Tout au long des siècles, les Juifs  ont défendu la cause de la liberté individuelle dans l’activité économique contre l’opinion dominante de l’époque. L’individu ne devrait pas être entravé par des réglementations de toutes sortes. Je pense que la religion juive a les mêmes idées principales que le capitalisme …».  Bien que les intellectuels juifs à l’époque étaient largement mécontent avec le livre de Sombart, Milton Friedman était assez courageux pour admettre qu’il n’y a rien dans le livre de Sombart lui-même pour justifier une accusation d’antisémitisme. (Bien qu’il  soutient qu’il y en a certainement dans ses écrits ultérieurs). Friedman qui est un capitaliste fier, tend effectivement à interpréter le livre de Sombart comme «philosémite». « Si, comme moi », dit Friedman, « vous considérez le capitalisme concurrentiel comme le système économique qui soit le plus favorable à la liberté individuelle, aux réalisations créatrices en matière de technologie et d’art, et aux plus large possibilités possible pour l’homme ordinaire, alors vous considérerez comme des éloges le rôle clé qu’il  attribue aux juifs dans le développement du capitalisme. Vous verrez ce livre comme je le vois c’est-à-dire comme philosémite ».

Milton Friedman serait peut-être même d’accord avec le jeune Marx, pour dire que le capitalisme est juif « par nature ». Pourtant, alors que Marx croyait que pour que le monde puisse se libérer du capitalisme, il devait s’émanciper des Juifs, pour Friedman, le capitalisme est d’une valeur profonde et doit être respecté, et les Juifs devraient être félicité pour leur lien inhérent avec cette philosophie et ses ramifications diverses. Selon Friedman, pour que le capitalisme l’emporte, les Juifs doivent continuer à faire ce en quoi ils sont bons: c’est-à-dire, commercer librement dans un marché ouvert et concurrentiel.

Friedman semble rejeter la présumée « honnêteté intellectuelle » derrière l’affiliation juive avec la gauche et l’anticapitalisme : Il a tendance à dire que l’inclinaison intellectuelle juive vers la gauche est une conséquence directe de certaines circonstances politiques et historiques, plutôt qu’un choix éthique ou idéologique. Il explique que, selon lui, l’affiliation juive avec la gauche est le produit d’un événement particulier en Europe au 19ème  siècle.

« A partir de la révolution française, le spectre politique européen s’est divisé en une« gauche »et une« droite » le long d’un axe qui a impliqué la question de la laïcité. La droite (conservatrice, monarchique et «cléricale») a maintenu qu’il devait  y avoir une place pour l’église dans l’espace public, la gauche (démocratique, libérale, radicale) a estimé qu’il ne devait pas y avoir d’Église du tout. . . ».

Il était alors donc naturel  pour les Juifs de rejoindre la gauche – en fait, les Juifs ne pouvaient rejoindre que la gauche.

« L’axe séparant la gauche de la droite a également formé une frontière naturelle pour la participation politique juive. C’est la gauche, avec son nouveau concept laïque de la citoyenneté, qui avait accompli l’émancipation, et ce n’était que la gauche, qui pouvait voir une place pour les Juifs dans la vie publique ».

Un tel raisonnement considère donc  les liens juifs avec la gauche comme un geste politique opportuniste plutôt qu’une forme  « d’éveil moral ».

Une telle lecture de la « gauche juive » réaffirme ma propre évaluation critique. Cela explique aussi pourquoi certains juifs rejoignent  la gauche -Ils soutiennent le cosmopolitisme, la solidarité, une classe ouvrière internationale, et pourtant, ils semblent souvent préférer opérer au sein de «cellules  juives » racialement orientées, comme le Bund, les socialistes juifs ou même les Juifs pour le boycott des produits israéliens. Le raisonnement de Friedman pourrait aussi expliquer pourquoi autant de juifs qui avaient leurs racines dans la soi-disant « gauche », ont fini par prêcher l’interventionnisme moral et le Néo-Conservatisme.

Friedman affirme également, que les liens juifs avec la gauche devraient être compris comme une tentative de désavouer certains stéréotypes antisémites montrant les juifs comme étant « des marchands ou des bailleurs de fonds qui mettent en avant les intérêts commerciaux avant les valeurs humaines ».

Selon Friedman, le juif anticapitaliste est là pour prouver que, loin d’être des accapareurs d’argent, égoïstes et sans cœurs, les Juifs sont vraiment dévoué au bien public, généreux et soucieux des idéaux plutôt que des biens matériels. « Quoi de mieux pour réussir cela que d’attaquer le marché, sa dépendance à l’égard des valeurs monétaires et des transactions impersonnelles, et pour glorifier ce processus politique, prendre comme idéal un État dirigé par des gens bien intentionnés pour le bénéfice de leurs concitoyens? »

Dans la logique de Friedman, ce n’est donc pas un « éveil moral » qui se pousse le Juif vers la gauche, ce n’est pas non plus l’humanisme, la solidarité ou la bonté, mais au contraire, il semble que ce soit une tentative désespérée de rétablir ou de modifier l’image juive.

Assez curieusement, je me trouve en accord total avec Friedman, bien que je le formulerais différemment. Je fais la distinction entre « l’homme de gauche qui se trouve être juif » -une catégorie innocente inspirée par l’humanisme, et « la communauté juive de gauche », qui me semble être une contradiction dans les termes, puisque la gauche vise à se transcender elle-même universellement au-delà de l’ethnicité, de  la religion ou de la race. Il est clair que le terme «gauche juive » est là pour maintenir une identité tribale juive ethno-centrée au cœur de la philosophie de la classe ouvrière. « Gauche juive » est là pour servir en premier lieu les intérêts juifs.

J’ai remarqué que Richard Kuper, le militant juif européen responsable du bateau juif pour Gaza, a déclaré que le but de cette opération était de montrer que « tous les Juifs ne soutiennent  la politique israélienne envers les Palestiniens ».

Il me semble que le message véhiculé par Kuper est assez clair: Plutôt que d’être entièrement motivé par une véritable attention pour les Palestiniens de Gaza, le bateau juif était aussi engagé dans un échange symbolique. Il était aussi là pour sauver l’image des Juifs plutôt que de seulement apporter un soutien humanitaire. Ce seul fait peut expliquer pourquoi le bateau juif n’a effectué aucune aide humanitaire pour les Gazaouis. Plutôt qu’une « mission d’aide humanitaire pour les Palestiniens », il venait surement aussi au «secours de l’image des juifs ». 

De toute évidence, Friedman a réussi à résoudre le paradoxe entre ces deux propositions initiales (les Juifs étant les bénéficiaires du capitalisme contre les Juifs étant profondément anticapitalistes) en offrant une explication historique et politique: les juifs ou les intellectuels juifs ne sont pas vraiment contre le capitalisme, ce sont juste les « circonstances particulières du 19ème siècle et les tentatives inconscientes par les Juifs de démontrer à eux-mêmes et au monde la fausseté du stéréotype antisémite qui ont poussé les Juifs vers la gauche ». Ce n’était ni l’idéologie, ni l’éthique.

Cette interprétation explique pourquoi le sionisme  de gauche était condamné à disparaître. Lors de ses entretiens, Friedman a examiné la division politique droite / gauche en Israël. Il a remarqué que deux traditions opposées sont à l’œuvre au sein de l’État juif: « une ancienne  – qui remonte à près de deux mille ans – qui trouve des façons de contourner les restrictions gouvernementales (et) une moderne – qui remonte à un siècle – qui croit au  « socialisme démocratique » et à la « planification centralisée ». Friedman était assez intelligent pour déduire déjà en 1972 que ce serait la « tradition juive », plutôt que le « socialisme », qui prévaudrait. Friedman avait déjà remarqué dans les années 1970 qu’Israël était capitaliste jusqu’à l’os. Il a prédit que la courte phase de «pseudo socialisme » sioniste était étrangère à la culture juive.

Pourtant, ce n’est pas seulement la gauche israélienne qui était condamné à mourir. L’interprétation de Friedman de la culture juive explique aussi pourquoi le Bund est mort ; Il ne s’est pas vraiment répandue à l’Ouest ; Cela explique aussi pourquoi la légendaire Matzpen et autres groupes révolutionnaires tribaux juifs antisionistes n’ont jamais attiré les masses juives.

Prophétie auto-réalisatrice

Friedman n’est pas exempt de défauts. En dépit de son interprétation succincte de la division juive gauche / droite, il y a quelques points cruciaux qui doivent être faits sur l’interprétation de la culture juive, et de la lecture du capitalisme par Friedman. Il affirme que le marché libre et la concurrence sont bons pour les Juifs. Pourtant, il est également convaincu que l’intervention du gouvernement est une catastrophe qui mène à l’antisémitisme et à d’autres formes de fanatisme institutionnel. Si le modèle de Friedman est valide, alors les Juifs de l’Ouest feraient mieux se préparer, puisque les gouvernements occidentaux sont actuellement en train d’intervenir dans les marchés dans une tentative désespérée de ralentissement de la chute inévitable de ce qui reste de notre économie et de la richesse relative.

Si le modèle de Friedman est correct, et que l’intervention est en effet mauvaise pour les Juifs, alors le fanatisme anti-juif pourrait être immanent, compte tenu notamment des gigantesques plans de sauvetage mis en place par les Etats dans une tentative de sauver ce qui reste de l’économie de l’Ouest

Mais cela va plus loin – Il est également clairement évident que les plans de sauvetage sont là pour modifier une catastrophe colossale causée par l’approbation de l’idéologie de Friedman. Nous payons tous un prix très lourd pour la libre entreprise, le capitalisme pur et dur, ou en général, les idéologies pour lesquelles Friedman était si enthousiaste.

Il y a quelque chose que Friedman n’a pas dit à ses auditeurs dans les années 1970 – Il n’avait probablement pas réalisé lui-même la pleine signification de son modèle économique. Lui-même ne s’est pas rendu compte que l’adoption de sa philosophie par Ronald Reagan et Margaret Thatcher a amené l’Occident à genoux. Il ne s’est pas rendu compte non plus que ce serait son propre plaidoyer du capitalisme pur et dur qui conduirait les continents occidentaux à la pauvreté et au dénuement. Il ne s’est peut-être pas rendu compte dans les années 1970 que son modèle finirait par éliminer la productivité et chaque aspect positif de l’État-providence. Milton Friedman ne se rendit pas compte que l’économie de service qui avait convenu à certaines minorités ethniques pendant deux millénaires ne serait pas nécessairement un modèle de réussite une fois adopté dans un modèle macro. Comme Friedman l’avait déduit, tout au long de leur histoire les juifs et d’autres minorités ethniques étaient  très efficaces opérant dans une économie de service au sein de marchés concurrentiels et productifs. Cependant, les Juifs et les autres minorités ethniques ou religieuses ont bien fait parce que d’autres étaient là pour travailler autour d’eux. La transformation de l’Occident en une économie de services motivé par l’avidité, un processus qui a suivi les préceptes économiques de Friedman, est en train de se révéler  être un désastre. C’est synonyme de pauvreté et de dépression mondiale. Ceci se traduit dans l’aliénation du travail et la productivité.

Friedman a peut-être eu raison quand il a prédit que l’intervention gouvernementale pouvait conduire à l’antisémitisme – Et pourtant, il n’a probablement pas réalisé que c’est en grande partie son propre patrimoine intellectuel qui serait responsable de la catastrophe financière actuelle. C’est en fait son propre modèle économique et sa prophétie qui pourrait également faire connaitre aux Juifs  beaucoup plus de souffrance.

Le jazz et la politique, par Gilad Atzmon

 Autrefois le jazz était la musique de la révolution, c’est maintenant le son fade des grandes compagnies. Mais le jazz peut encore être sauvé, dit le saxophoniste Gilad Atzmon.

Lundi 15 novembre 2004, The Guardian:

Quand le be-bop est né, il était la voix de l’Amérique noire. Les Noirs américains réclamaient leur liberté, et le jazz exprimait cette demande mieux que de simples mots. Charlie « Bird » Parker jouait « Now’s the Time », insistant sur le fait que le moment était venu pour le changement social. Charles Mingus composa «Fable of Faubus » (1959) en réponse au racisme du gouverneur de l’Arkansas Orwal Faubus. John Coltrane enregistra « Alabama » après que quatre jeunes filles noires décédèrent dans l’attentat à la bombe dans l’église de Birmingham. Quand Martin Luther King commença sa campagne pour les droits civiques, la communauté jazz américaine, blanche et noire, se tint juste derrière lui.  Non seulement le jazz avait pour but la liberté, mais la musique elle-même était un exercice en temps réel dans la libération humaine puisque les artistes se réinventaient eux-mêmes nuit après nuit. C’est donc à peine surprenant qu’ils devinrent les symboles de la campagne pour les droits civiques des noirs. Coltrane, dont la musique était profondément ancrée dans la culture africaine, devint le héros du mouvement des droits civiques aux États-Unis et autour du monde.

L’élite blanche américaine ne mit pas longtemps à réaliser que le jazz mettait en danger son hégémonie, et que le jazz et l’Amérique représentaient des idéologies opposées. Alors que la philosophie américaine est traditionnellement présentée comme une célébration des libertés civiles, le jazz, tel qu’il apparut à la fin des années 50, mettait à nue les failles cruciales du rêve américain. Non seulement il exposait l’injustice fondamentale au sein du système capitaliste, mais il valorisait aussi la beauté bien plus que l’argent. Ceci était inconnu de la façon de penser américaine.

Après la deuxième guerre mondiale, le jazz devenait extrêmement populaire en Europe occidentale, et les géants du jazz comme Bird, Dizzy Gillepsie, Miles Davis et Dexter Gordon étaient traités comme des figures culturelles majeures. A la maison, ces mêmes légendes devaient entrer dans les clubs de jazz par les portes de derrière car celles de devant étaient réservées aux clients blancs.

Le jazz devenait donc l’ambassadeur culturel du mouvement des droits civiques américain. Un fait très embarrassant pour la classe dominante qui se présentait déjà comme le leader du monde libre et démocratique. Comme la motivation principale de l’Amérique à cette époque était de convaincre le monde entier que Coca Cola était le seul moyen d’avancer, le jazz était vraiment gênant. Il était anti-américain. Le jazz révélait le visage implacable et abusif du capitalisme pur et dur.

Pour la bourgeoisie blanche, le jazz devenait un problème qui se devait d’être aborder. Son message politique et philosophique était sur le point de s’écraser. Le meilleur moyen de battre un rival plein de ressentiment, c’est de l’intégrer dans votre système. Le jazz devint la voix de l’Amérique. Les Noirs américains devinrent simplement des américains et le jazz cessa d’être subversif. Il ne fallut pas longtemps avant que les Noirs américains soient considérés assez qualifiés pour mourir en masse au Vietnam.

Peu de temps après leur prétendue libération, les Noirs américains perdirent tout intérêt pour leur propre musique révolutionnaire. Le jazz ne fut plus l’appel noir américain pour la liberté, mais une aventure pour la classe moyenne blanche. Le jazz passa d’une vive forme d’art authentique et socialement motivé à un exercice académique. Dans les années 70, de plus en plus d’universités lancèrent des cours de jazz, comme si le jazz était une forme de connaissance plutôt qu’un état d’esprit.

Le nouveau défi dans le jazz était de jouer aussi vite que possible. Arrivé à la fin des années 70, ce défi était atteint : le jazz devenait une forme de bruit dépourvu de sens pour blancs. La sensation mélodique disparut. Le swing se transforma en interminables exercices polyrythmiques. Le jazz américain était sur le point d’être déclaré mort. Peu de gens avaient la patience ou même la gentillesse d’écouter un exercice musicale algorithmique sans fin.

Le jazz devenait une musique marginale en voie de disparition, mais un miracle se produisit. Les décideurs de l’industrie du disque sans cesse croissante définirent un nouveau défi pour le jazz. Plutôt que de jouer aussi vite que possible, ils suggérèrent à la place de vendre autant que possible.

Nous sommes maintenant à l’apogée de cette phase commerciale. De temps à autre, on entend qu’un nouvel artiste à signé un contrat record de plusieurs millions de dollars. Tant que le jazz sera dans les mains des grandes compagnies il ne produira jamais de critique sociale pénétrante. L’industrie de la musique, comme toute autre industrie, a pour but d’accumuler de l’argent et la meilleure façon d’y parvenir est de maintenir l’ordre mondial existant.

Malheureusement, le jazz n’est plus une forme d’art subversive. Ce n’est même pas gymnastiquement difficile. C’est simplement un genre marginal associé à la musique d’ambiance façon Kenny G et Norah Jones. Quelques vétérans de première et deuxième génération sont encore avec nous, jouant aussi bien que jamais, et quelques jeunes talents prometteurs font la queue pour accéder une scène qui s’amenuise. Mais aucun de ces deux groupes n’est socialement engagé.

Le jazz est toujours assez établi pour occuper le quart arrière du deuxième étage de chaque grand disquaire. Il s’intègre parfaitement dans la philosophie du marché globalisé mené par les Américains. Il nous donne une image de diversité, d’un marché de la musique en expansion riche en sons et en couleurs. Aux magasins, ils vous diront : « Dites-nous lequel, nous l’avons ». Et ils ont raison- On peut maintenant acheter l’album révolutionnaire de Coltrane « A love Supreme » pour seulement 6.99£ dans presque tous les magasins de musique. Quelle bonne affaire ! Quel magnifique cadeau de noël ! Je dirais que notre dévoué Big Brother a presque gagné. Le message politique et spirituel du jazz est presque vaincu.

C’est ici que j’essaye d’intervenir. En tant que joueur de bop, je refuse de voir le jazz comme étant une aventure technique. Il ne s’agit pas de la rapidité avec laquelle je bouge mes doigts, ni de la complexité de mes figures rythmiques. J’insiste sur le fait que le jazz n’est pas une forme de connaissance mais un état d’esprit. Le jazz est une vision du monde, une forme innovatrice de résistance. Selon moi, jouer du jazz c’est combattre l’ordre mondial du BBS (Bush, Blair, Sharon). De tendre vers la libération tout en sachant qu’on ne l’atteindra peut être jamais, de combattre le nouveau colonialisme américain. De dire ce en quoi je crois, de faire campagne pour la libération de mes frères Palestiniens et Irakiens. Jouer du jazz, c’est suggérer une réalité alternative, me réinventer, être prêt à le faire jusqu’au bout.

Théorie postcoloniale, la blanchitude et la Palestine, par Gilad Atzmon

Les études postcoloniales, féministes et gays partagent un grand nombre de similitudes dans la mesure où certains universitaires considèrent ces domaines d’études comme étant théoriquement et idéologiquement complémentaires. Ces domaines d’études sont essentiellement concernés par la politique, la structure de l’hégémonie, les opprimés et le mécanisme qui entraine l’injustice. Il était donc bien naturel que ces domaines de la pensée principalement concernés par les préjugés et l’injustice deviennent des instruments clés dans notre compréhension du Sionisme et de l’oppression israélienne.

Sans questionner la validité intellectuelle et la substance théorique de ces spectres de la pensée postcoloniale, il est clair que certaines des principales tendances contemporaines au sein de ces domaines d’études mettent l’accent sur le rôle de « l’homme blanc » et du « phallus » comme étant le cœur du malaise de la société occidentale. La prochaine question est donc presque inévitable – Que va-t-il advenir de « l’homme blanc ? » Ou plus anecdotiques, je suis une personne qui se trouve être enveloppé dans une peau blanche et qui a aussi un organe phallique blanc, dois-je être tenu pour responsable des siècles de génocides Européens? Est-ce que ma responsabilité diminuerait si je décidais de couper mon organe male? Ai-je, et les autres « hommes blanc » avec moi, un rôle éthique authentique ? Ou sommes nous biologiquement condamnés à être l’incarnation de tout les méfaits de la société occidentale pendant des générations ? Les théoriciens postcoloniaux astucieux suggéreront peut être que la « masculinité », « la blanchitude » et le « phallus » ne sont que des représentations symbolique plutôt que des «  choses en elles-mêmes »

Certains théoriciens postcoloniaux et féministes soutiennent que l’Impérialisme, comme le patriarcat, est après tout une idéologie « blanche » suprématiste et « phallo-centrée » qui subjugue et domine ses sujets. C’est une affirmation intéressante et même fascinante, encore que je ne sois pas sure que ce soit valable ou même pertinent pour notre compréhension du Sionisme et des crimes commis par l’état Juif. Le Sionisme et Israël sont clairement des idéologies suprématistes, pourtant doit on considérer comme phallo-centré la campagne de l’AIPAC pour la guerre en Iran ? L’appétit Sioniste pour la terre Palestinienne est-il patriarcale, ou inspiré par une forme d’enthousiasme phallique, ou même par la blanchitude ? Est-ce que la guerre contre le terrorisme qui a fait environ 1.5 million de morts en Irak et en Afghanistan était orientée phalliquement, ou était-ce encore « l’homme blanc » ?

Soyons honnêtes, le Sionisme, la politique israélienne et le lobbying Juif ne sont pas particulièrement « phallo-centré » ou « patriarcale ». Ils n’ont aussi pas grand-chose à voir avec la « blanchitude ». Le Sionisme et Israël sont en fait principalement Judéo-centré jusqu’à l’os. Ils sont racialement motivés  et alimenté par une culture suprématiste particulière qui est inspirée par certains aspects de la haine du goy talmudique et certaines interprétations (fausses) sporadiques de l’ancien testament. Mais c’est exactement le verdict que les intellectuels tentent de nous empêcher d’atteindre. C’est tout particulièrement embarrassant car Israël et les sionistes dessinent ouvertement leur inspiration et leur enthousiasme expansionniste à partir de la culture Juive et de textes qu’ils interprètent d’une manière très particulière et qui sert leurs propres intérêts.

En dépit du fait que ce discours, dans sa forme actuelle, est tres peu pertinent pour notre compréhension du Sionisme et d’Israël, ce discours postcoloniale est toujours très populaire parmi certains antisionistes, notamment les antisionistes Juifs. La raison est très simple ; c’est efficace pour divertir l’attention des vrais problèmes. Cela masque l’ampleur du pouvoir Juif, de la politique juive, de l’inhérente nature « juive » de « l’état Juif » et de l’hégémonie des intellectuels Juifs au sein de l’occident, en particulier de la gauche. A l’intérieur du domaine du discours postcolonial, nous ne sommes pas autorisés à mentionner le mot « Juif », et encore moins de critiquer le lobbying Juif ou les structures du pouvoir Juif.

En fait le discours postcoloniale, autorise ses acolytes à parler sans fin et passionnément d’Israël et du Sionisme sans jamais rien dire de significatif. Il autorise la gauche à renvoyer le Sionisme au colonialisme de peuplement, malgré les faits embarrassants qui sont que personne ne sait ni ou ni ce qu’est «l’état mère » Juif. Les intellectuels postcoloniaux nous encouragent aussi à renvoyer Israël à un état d’apartheid en dépit du fait que l’apartheid est un système d’exploitation des indigènes motivé racialement. Le fervent postcolonial ferme évidement un œil sur le fait qu’Israël n’est pas intéressé par l’exploitation des Palestiniens. Ils préfèrent les voir partir. Donc, puisque le but d’Israël est de se débarrasser des autochtones, Israël devrait être perçu comme un fervent adepte de la philosophie du Lebensraum (espace vital). De ce point de vue au moins, Israël devrait être comparé à l’Allemagne Nazi plutôt qu’à l’Afrique du Sud.

Le discours postcolonial dans sa forme actuelle, autorise les antisionistes à tourner sans fin. Ils peuvent mentionner Israël et le Sionisme sans vraiment inquiéter, blesser ou même toucher les israéliens, les sionistes et les structures politique Juive. Les théoriciens postcoloniaux sont essentiellement engagés dans une attaque sur une construction phantasmatique imaginaire qui n’a pas la moindre pertinence envers l’idéologie Sioniste ou la politique israélienne.   C’est simplement une forme avancée de masturbation intellectuelle.

Comme le Judaïsme rabbinique et le Stalinisme, le discours postcolonial est extrêmement intolérant à l’égard de la dissidence et de la critique. Il se protège lui-même avec un mur de défense et fonctionne comme un ghetto intellectuel. En fait, il a aussi inventé le politiquement correcte uniquement pour maintenir l’ordre et restreindre, par le biais de l’autocensure, toute liberté d’expression.

Le savoir postcolonial Arabe et Palestinien

Un des penseurs postcoloniaux les plus influents était Palestinien – théoricien littéraire Américain Edward Said. La polémique de Said, l’orientalisme (1979) était une profonde tentative de comprendre la vision occidentale de l’orient, la colonie et l’Islam. Le terme orientalisme, formulé par Said, couvre 3 significations interdépendantes. Premièrement, ce terme donne un nom à l’étude académique de l’orient. Deuxièmement, c’est une forme de réflexion qui constitue l’Arabe comme « l’autre ». Troisièmement, c’est la structure qui maintient la domination occidentale sur l’Orient.

D’une intelligence créative remarquable, Said s’engagea dans une vaste examination de la multitude de discours orientaliste. Ses écrits renvoyant aux textes politiques et historiques ainsi qu’à la littérature et aux médias. Said a manifestement  réalisé l’importance de la critique culturelle et des études culturelles.

Confusément, quelques uns de ses successeurs Arabes et Palestiniens semblent s’opposer aux domaines d’études que Said défendait. Par exemple, autant Said était immergé dans une profonde examination culturelle et une analyse du discours, autant l’universitaire et militant Palestinien Ali Abunimah a récemment affirmé ce qui suit : « Nous devons être très clair en condamnant les explications qui essayent de blâmer une culture ou une religion à la place d’une situation politique ». Abunimah croit fondamentalement que la culture n’explique « pas tout ». Il me semble que Abunimah, qui intègre souvent dans ses déclarations politiques et dans ses tweets le terme orientalisme, n’est apparemment pas familier avec le noyau intellectuel de la pensée et de la méthodologie de Said.

Ali Abunimah n’est pas du tout content avec ma lecture du conflit. C’est compréhensible et totalement légitime, et qui plus est, il n’est pas le seul. D’autres expatriés Palestiniens semblent aussi être inquiets. Leur indignation, face à  mon argument qu’Israël ne serait pas un état colonial de type Européen signifie qu’ils craignent la fin d’un discours dans lequel ils se sont énormément investis. Certains d’entre eux étaient très contents d’ajouter leurs noms à la liste des bruleurs de livres qui demandaient mon désavoeu. Ce fus en effet un virage triste – vain, mais finalement à la fois révélateur et prévisible. Bien que ces intellectuels Arabes et Palestiniens aient critiqué mon travail en le qualifiant de raciste, sans même fournir un seul commentaire raciste,  il est décevant de découvrir qu’en fait, ce sont leurs écrits qui sont saturé de commentaires déterministes biologiques parsemés de racisme direct.

Récemment nous sommes tombés par hasard sur une vidéo du leader du BDS Omar Barghouti examinant quelques idées postcoloniales. Il a, par exemple, insisté sur le fait que « la race blanche  est la plus violente de l’histoire de l’humanité ». Il s’agit la d’une scandaleuse généralisation. D’autant plus que Barghouti sait que le Sionisme est Judéo-centrique et n’a pas grand-chose à voir avec la blanchitude. Ce n’est pas le degré de blanchitude qui constitue l’élément raciste au sein du système légal israélien, c’est plutôt le degré de judéité qui rend un Juif Arabe privilégié en comparaison avec un Palestinien qui a la même couleur de peau. Omar Barghouti étudie dans une université Sioniste de Tel Aviv (Alors qu’il nous demande de boycotter cette même université). Apparemment, il a intériorisé le jargon postcolonial universitaire Sioniste et a intégré et appliqué certaines des idées déterministe biologique et raciste dans sa pensée politique pro-palestinienne. Mais il n’est pas le seul. Assad Abu Khalil, l’Arabe énervé, est un autre passionné postcolonial qui s’engage aussi dans une approche racialement motivé similaire. Sur un post de son blog (white man and Paul Newman) Abu Khalil l’énervé écrit : « l’homme blanc n’est pas une catégorie raciale – ou ce n’est pas seulement une catégorie raciale, mais aussi une catégorie politique et épistémologique. Non seulement il admet que « l’homme blanc » est partiellement une catégorie raciale, mais il va plus loin en liant la couleur de peau avec une prise de position politique et même épistémologique.

Bien sur, je réalise qu’être un universitaire Arabe dans une université Britannique ou Américaine sionisé est une mission difficile. Je suppose que pendant un moment le discours postcolonial était le seul format qui autorisait la critique d’Israël et du Sionisme. Mais le temps est venu de passer à autre chose. Nous ferions mieux d’appeler un chat un chat. C’est le moment d’appeler Israël pour ce qu’il est, c’est-à-dire l’état Juif. Le temps est venu de se demander ce qu’est l’état Juif et quel est la vraie signification des symboles Juifs qui ornent les tanks et les avions Israéliens ? Le temps est venu de comprendre que le lobby Juif est la principale menace pour la paix dans le monde.

Mais pouvons nous faire tout cela tout en étant soumis à la police de la pensée du post colonialisme ? Peut-on parler de la politique identitaire Juive pendant que certains proéminent militant Palestiniens tentent de bloquer toute discussion sur le pouvoir et la culture Juive ? Ma réponse est oui, nous le pouvons, et nous ferions mieux de faire tout notre possible pour libérer notre discours de l’emprise Judéo-centrique postcoloniale.

La blanchitude, les Juifs et les gays

Durant ces dernières semaines, je me suis demandé pourquoi Barghouti attaque la « race blanche » ? Est-ce bien nécessaire ? Ne pourrait-il pas seulement utiliser les mots Ouest, Amérique, orientalisme ou Empire Britannique ?  Pourquoi est ce que les Arabes énervés combattent les hommes blancs ? Est-ce vraiment une catégorie politique essentielle ? Est-ce que l’introduction des catégories raciales et du déterminisme biologique sert la cause Palestinienne  et la libération Arabe ? J’ai décidé de m’y mettre et je me suis plongé dans quelques textes contemporains qui traitaient de la blanchitude et de la théorie postcoloniale. Je pensais que cela m’aiderait à comprendre l’émergence de telles pensées.

Suivant les recommandations d’une amies et partenaire musicale Sarah Gillepsie, un de mes premiers choix s’est porté sur le livre de Richard Dyer « white ». Dyer est un intellectuel respecté et un écrivain de premier plan sur ce sujet. Après seulement 5 pages, je suis tombé sur un passage intéressant qui m’a ouvert les yeux. Dans les quelques lignes qui suivent, Dyer parle de son amitié d’enfance avec un camarade Juif et de l’impact que cela  à eu sur lui.

« Le personnage clé était un garçon Juif de l’école, que j’appellerais Danny Marker. J’avais l’habitude de lui rendre visite dans sa famille à Golders Green, un quartier Juif de Londres. Je savais alors que j’étais homosexuel et j’enviais Danny et sa famille – qui étaient aussi une minorité opprimée et qui comme les homosexuels n’étaient pas toujours repérables, mais contrairement à nous ils avaient cette merveilleuse communauté et culture chaleureuse, et l’illicéité de leur oppression était socialement reconnue. Je crois qu’il y a maintenant des problèmes politiques et intellectuels en faisant une analogie entre les Juifs et les Gays, entre discrimination ethnique et sexuelle mais j’essaye simplement de dire comment je le ressentais à l’époque. J’enviais l’ethnicité de Danny et je voulais en faire partie, je me sentais  à la maison avec eux » (white, Richard Dyer, page 5)

Dans « Quel Juif errant ? » j’ai beaucoup traité sur le continuum idéologique et théorique entre le sionisme et les autres pensées marginales. J’ai exploré les profondes similitudes idéologiques entre la théorie Queer et l’aspiration nationale Juive. D’un coté on remarque un appel légitime et raisonnable contre l’injustice. Les Sionistes et les théoriciens queer demandent à être des « gens comme tout le monde », un appel visiblement compris et soutenu par de nombreuses personnes. Mais de l’autre coté, on peut également détecter une autre demande vigoureuse. De maintenir et préserver la singularité et la différenciation. Comme on peut l’imaginer, l’appel humaniste pour l’égalité devient facilement incompatible avec la demande autocentrée et clanique de la préservation (surtout quand celle-ci est célébré au détriment des autres)

Toutefois, Dyer explore la une autre affinité spéciale entre les gays et les Juifs. En tant qu’homosexuel il exprime une claire et innocente envie pour le paysage social de son camarade de classe Juif. Dyer remarque que, en dépit d’être opprimé, les Juifs ont réussit à former « une communauté et une culture chaleureuse ». Le sentiment de Dyer à la maison au sein du cocon familial Juif explique peut être pourquoi Tel Aviv est devenue une capitale gay. Cela explique pourquoi des militants gays de premier plan ont un sentiment aussi fort et aussi positif envers l’état Juif, le Sionisme, la Judéité et la culture Juive en général. Mais cela explique aussi pourquoi certains Arabes et certains universitaires laïques Arabes, ressentent des affinités pour le nid postcolonial dominé par les Juifs antisionistes. Opérant comme un ghetto intellectuel, il conserve également certaines caractéristiques Juives, c’est sans doute une communauté chaleureuse comme le décrit Dyer. Il est même possible que certains universitaires laïques se sentiraient plus à l’aise à l’université de Tel Aviv qu’à l’université Al Azhar dans Gaza.

Je les comprends et je ne les juge pas. Néanmoins je suis assez naïf et je m’attendais à ce que les militants et intellectuels Palestiniens s’assurent que l’illicéité de l’oppression Palestinienne soit largement et « socialement reconnue » par les masses plutôt que par quelques Juifs antisionistes ? Il est temps pour notre discours de quitter le ghetto.

J’imagine que pour achever un tel but, nous devons transcender le discours postcolonial décadent ou voir le réviser complètement. Nous devons nous éloigner de toutes formes d’idéologies marginales. Nous devons être capable de déconstruire les textes Juifs et le discours culturel Juif avec la même vigueur que Said  a déconstruit les critères Européens, que ce soit Charles Dickens ou Lord Balfour. Nous ferions mieux de localiser la question Palestinienne à l’avant-garde du combat pour un monde, une humanité et un humanisme meilleur.

Nous devrions nous engager dans un débat intellectuel ouvert qui accueille tous les opprimés (gay, Arabes, Musulmans, peuple de couleurs de peau etc.) mais aussi tous les oppresseurs. Au final, avec 50 millions d’Américains vivant sous le seuil de pauvreté regardant 30 000 drones au dessus de leurs têtes, Gaza est maintenant à Détroit, Newark et Philadelphie. Notre solidarité avec la Palestine peut maintenant devenir une vraie force d’empathie. Nous ne nous imaginons plus seulement ce que ressentent les Palestiniens, nous le ressentons nous-mêmes. Nous luttons pour la même liberté. Nous sommes Un.

Critique du film “The Dictator” par Gilad Atzmon

À première vue, « The Dictator » de Baron Cohen est un film catastrophique. C’est vulgaire, ce n’est pas drôle et si il y a 5 moments marrant dans le film, ils apparaissent tous dans la bande annonce officielle. Pour faire court, économisez votre temps et votre argent- à moins bien sur que vous soyez intéressé par la politique identitaire juive et la névrose.

Similaire à son précédent travail, « The Dictator » est une fois encore est un aperçu de la morbidité tribale de Cohen. Après tout, la personne et l’esprit derrière cette embarrassante comédie est celle d’un personnage narcissique fier qui ne manque jamais une opportunité d’exprimer l’affinité intime qu’il a envers son peuple, leur talent comique et leur état juif adoré. Mais, soyons honnêtes, Cohen n’est pas le seul, après tout il a fait ce film ensemble avec un studio Hollywoodien… Il est donc plutôt raisonnable de dire que ce que l’on voit ici est simplement un autre effort orchestré par Hollywood pour vivifier les Arabes, les Musulmans et l’Orient.

J’imagine que les politiciens, les régimes et les dirigeants arabes sont un sujet idéal pour une satire, encore qu’on puisse se demander ce que Sacha Baron Cohen connait du monde Arabe ? D’après ce que l’on peut voir dans ce film, pas grand-chose. Au lieu de ça, Cohen projette ses propres symptômes sionistes et tribaux sur les peuples d’Arabie et leurs leaders.

Dans ce film, Cohen joue le rôle du Général Hafez Aladeen, le dirigeant arabe d’un pays d’Afrique du Nord riche en pétrole. À première vue, il est la version satirique de Saddam Hussein et de Mouammar Kadhafi,  mais en réalité les actions d’Aladeen sont simplement une vaste amplification des crimes commis par Israël et ses criminels de guerre comme Shimon Peres, Ehud Olmert et Tzipi Livni. Quand Baron Cohen ridiculise les dictateurs arabes qui cherchent obsessionnellement des armes de destruction massives et des armes nucléaires, il devrait garder à l’esprit que c’est en fait son état juif adoré qui a, depuis 1950, poussé la région entière à la course au nucléaire. Que ce sont ses frères et sœurs israéliens qui expriment très souvent leur enthousiasme mortel pour détruire l’Irak et d’autres entités régionales. Quand Baron se moque des dirigeants arabes qui assassinent leurs opposants, tuent des enfants, des femmes et des vieux, une fois encore il projette les symptômes israéliens car c’est en fait l’état juif qui s’engage trop souvent dans des assassinats de masses systématique et des crimes de guerre d’une échelle colossale. Quelqu’un devrait lui rappeler que les photos de phosphore blanc versé sur les abris de l’ONU ont été prises dans la bande de Gaza et non pas dans le Bagdad de Saddam, Homs (Syrie) ou l’imaginaire Wadiva. Quand Cohen présente les leaders arabes comme des violeurs sauvages, il devrait se rappeler que Moshe Katzav qui était jusqu’à peu le Président de l’état juif est maintenant derrière les barreaux après avoir été condamné pour viol. Ce n’est donc pas une coïncidence quand Cohen tente de créer des liens avec son Dictateur Aladeen, celui-ci lui parle dans sa langue maternelle : l’hébreu. Cohen parle en Hébreu car Aladeen n’est pas un dictateur arabe, c’est un patriote israélien comme Cohen lui-même.

Mais essayons de nous transcender au-delà des projections et des confessions de Baron Cohen : autant le nouveau film de Cohen est foireux, autant lui-même est loin d’être un imbécile. En fait, il a réussi à mettre évidence quelques idées politiques intéressantes et astucieuses. Par exemple, vers la fin du film, le dictateur Aladeen produit un discours remarquable à la tribune de l’ONU en faveur de la dictature. En face des délégations, Aladeen dresse une liste assez profonde de parallèles involontaires entre les USA et la dictature. Offrir une vive critique politique par le biais de la comédie mérite le respect.

Une autre idée provocante est délivrée à travers le personnage de Zoey (Anna Farris), une ardente féministe et une militante pour les droits de l’homme. Zoey gère une épicerie multiethnique et écologique dans Brooklyn. Elle est l’ultime militante pour la solidarité et cette fois elle se mobilise contre Aladeen et son régime. Pendant que Zoey envahit la rue en manifestant contre la brutalité d’Aladeen, Tamir (Ben Kingsley) le chef d’état major d’Aladeen, complote contre son dirigeant à l’intérieur de l’immeuble des Nations-Unis. Il vend tous les actifs de son pays aux magnats du pétrole et aux dirigeants du monde. La signification cinématographique  est évidente. Le lien entre la soi-disant gauche et le pouvoir impériale est établi. Zoey, la gauchiste progressiste, semble travailler vers le même but que les principales forces expansionnistes Capitalistes corrompues. Ils veulent tous en finir avec le régime d’Aladeen. Je suppose que beaucoup de ceux qui observent l’activisme et le discours de solidarité seront d’accord avec la lecture de Cohen. Après tout, c’était les féministes et les groupes pour le droit des femmes qui, en 1990, ont préparé le terrain pour la guerre contre le terrorisme et l’invasion de l’Afghanistan. La gauche était aussi très peu disposée à supporter le Hamas pourtant élu démocratiquement. Je suppose aussi qu’un gauchiste jeté dans une salle avec Dershowitz et Ben Laden serait sans doute tenté de se lier d’abord avec Dershowitz.

Mais Zoey n’est pas seulement une progressiste et une militante pour les droits de l’homme. Au fur et à mesure que l’intrigue progresse, Aladeen et Zoey tombent amoureux. Vers la fin du film, la « militante pour la solidarité » et le dictateur se marient. C’est à ce moment précis qu’Aladeen (et le reste d’entre nous) découvre que Zoey est juive. D’un point de vue cinématographique le juif, le militant pour les droits de l’homme et le militant pour la solidarité ne font qu’un. Cette lecture amusante est malheureusement en accord avec la réalité des mouvements de solidarité. Ceux qui observent l’activisme de gauche juif détectent un effort incessant parmi les militants juifs pour détourner tribalement et même  « sioniser » le discours de solidarité, les droits de l’homme et les politiques marginales. Cependant, d’un point de vue Judaïque, Zoey la nouvelle femme du dictateur Aladeen n’est rien de moins que l’incarnation de la reine biblique Esther. Comme Esther, Zoey a réussi à s’infiltrer dans les coulisses d’une puissance étrangère lucrative.

Je présume qu’avec l’AIPAC contrôlant la politique étrangère Américaine et 80% des députés conservateurs étant membres du CFI (amis conservateurs d’Israël), une reine juive d’un Wadiya fictif est presque exotique !

Critique du film “The Ghost-Writer” de Roman Polanski par Gilad Atzmon

C’est quelque peu curieux que le metteur en scène Roman Polanski, qui a réussi à échapper à la justice pendant plus de 3 décennies ait décidé de faire un film chroniquant un Premier ministre britannique déshonoré dans sa tentative d’échapper au tribunal des crimes de guerre de la Haye.  

Le dernier film de Polanski est basé sur le best-seller de Robert Harris titré l’homme de l’ombre. Il raconte l’histoire d’Adam Lang (Pierce Brosnan), un ancien Premier ministre britannique « fictif » qui bien qu’autrefois très populaire est maintenant totalement méprisé. Lang est en exile aux États-Unis avec sa femme Ruth (Olivia Williams). Il craint l’extradition vers le tribunal de la Haye.

Le principal protagoniste, qui mène le film du début à la fin, est un « nègre littéraire » (Ewan McGregor). Il est embauché par une maison d’édition pour terminer d’écrire la biographie de Lang suite à la mort mystérieuse du précédent nègre de Lang. La nouvelle recrue découvre rapidement qu’il y a vraiment quelque chose de pas vraiment « casher » à propos des Lang. Il s’avère que ceux-ci travaillaient pour la CIA.

La ressemblance entre Adam Lang et Tony Blair est plus qu’évidente. Adam Lang est un bel homme aux cheveux bruns, il est athlétique, charmant, habile, c’est un criminel de guerre mais il est aussi vulnérable et il perd son sang-froid facilement. Le film aborde le chapitre le plus dévastateur de l’histoire récente, la transformation de la démocratie libérale anglo-américaine en une machine à tuer très dangereuse alimentée par le pathos et la vertu. Un chapitre que la société britannique n’est pas encore assez mature pour pouvoir l’assumer. Une fois encore, ce sont des esprits artistiques et créatifs comme Harris et Polanski qui se sont engagés sur des questions pour lesquelles le « Chilcot Inquiry » ne ce serait jamais attardé.

Jusqu’à présent, chaque tentative classique d’esquisser une narration logique ou rationnelle qui pourrait expliquer le logos derrière la conduite de Blair à partir de 2002, a lamentablement échouée. Blair a lancé une guerre illégale fondée sur des documents falsifiés. Il a emmené le pays dans un conflit, en dépit d’oppositions sérieuses au sein de l’armée, des services secrets, du cabinet, du parti travailliste, des médias et de l’opinion publique. Durant cette procédure, Blair a fait monter une forte pression sur les agents de renseignements et les experts juridiques afin qu’ils approuvent son dangereux programme. Blair s’accrocha aussi aux collecteurs de fonds et sympathisants sionistes au sein des médias. La raison pour laquelle il a fait cela est loin d’être claire.

Les blairistes proposent deux explications qui sont supposées proposer une motivation derrière les guerres de Tony Blair. L’une d’entre elle présente Blair comme un fervent chrétien. Néanmoins, le meurtre de 1.5 millions d’Irakiens au nom de Dieu ne marche plus au 21ème siècle. De plus, une nation qui a votée pour les travaillistes n’allait pas nécessairement être contente d’apprendre qu’elle se retrouve au final avec un militant messianique. L’autre explication blairiste se réfère à « l’interventionnisme morale ». Cette « pirouette » difficile est largement promue par les Sionistes et les Néo-cons au sein des médias et des universités britanniques. Pourtant, lancer une guerre sioniste et commettre un génocide au nom de la « moralité » est une excuse encore plus embarrassante que l’excuse de Dieu. Apparemment, il n’y a pas de récit patriotique qui justifierait les crimes et la politique de Blair. A l’évidence, le manque de raisonnement politique sincère conduit à l’invention d’Adam Lang, un pion américain de la CIA imaginaire placé au cœur de la politique britannique.

Autant Lang ressemble à Blair, autant on remarquera qu’il manque à Adam Lang certains personnages clés qui ont été associés au leadership de Tony Blair. Lang opère sans « Lord cash machine » (Mickael Levy), ou un allié « ami d’Israël » qui organise tout. Il souffre aussi de l’absence d’un expert juridique soumis, quelqu’un qui pourrait nous rappeler « Lord Green Light » (Lord Goldsmith). Il n’y a pas non plus l’évocation de Wolfowitz où de Perle. Pas un seul mot non plus dans le film sur les néo-cons sionistes au sein des médias britanniques. J’imagine qu’il y a une limite à ce que l’on peut s’attendre de la part de Polanski, ce génie du cinéma créateur du film Le Pianiste.

Dans le Ghost-writter de Polanski, ce ne sont pas les sionistes qui dirigent le spectacle et qui nous traînent de guerre en guerre. C’est en fait la CIA et Ruth la femme de Lang qui nous mettent tout cela en place. Dans l’univers cinématographique de Polanski, Adam Lang est tout juste une marionnette, un acteur charmant mais naïf de l’université de Cambridge qui a été recruté par une agence de renseignement étrangère. Il se pourrait même que Lang n’est pas compris à quoi il servait. Il est innocent et peut être qu’il est même une victime. Dans le film de Polanski, Adam Lang est presque une figure tragique, un narcissique pathétique exploité par des forces maléfiques. Cette interprétation pourrait nous aider à comprendre pourquoi Polanski, qui se bat actuellement contre un ordre d’extradition vers les États-Unis pour une agression sexuelle commise il y a plusieurs années, a choisit de faire un film sur un criminel de guerre et ancien leader du monde en cavale. Polanski peut vouloir nous faire penser que l’histoire vraie est légèrement plus compliquée qu’il n’y paraît.

Cette présentation d’Adam Lang comme étant une victime est évidemment là pour briser la ressemblance avec Tony Blair. Elle laisse Adam Lang, personnage tragique, en territoire fictionnel sûr, mais elle nous laisse aussi avec une tâche incomplète. Que Blair ait été un agent de la CIA soumis au chantage, un fervent chrétien où un interventionniste moral, nous devons faire en sorte qu’il soit livré en un seul morceau à la Haye pour faire face à la justice. Nous le devons aux millions de personnes qui ont perdu la vie au nom de son idéologie bidon.

Le Sionisme est mort… et en pleine forme, par Gilad Atzmon

Dans un récent article du Haaretz, Gideon Levy un éminent éditorialiste israélien affirme que le sionisme est hors sujet en ce qui concerne les israéliens. Proche de la ligne que je défends moi-même dans mon livre « Quel Juif errant ? », Levy affirme que les israéliens ne comprennent pas ce que représente le sionisme. Pour eux c’est une notion archaïque.

Le sens de celui-ci est simple. Ce qui semble être un vif débat sioniste/antisioniste est en fait une querelle interne de la diaspora juive sans aucun sens pratique important.

Levy écrit, « en 2012, le 64ème  anniversaire de l’état (juif) personne ne sait avec certitude ce qu’il reste du sionisme, quel est son rôle, et comment il se définit ».

« Que ce qu’un sioniste ? » Demande Levy. « La vérité c’est qu’il n’y a pas de réponse. Pas parce que le sionisme n’était pas une cause juste – ça l’était, même si il a été entaché par des injustices inutiles, et pas parce qu’il n’a pas eu de succès. Il a été la plus belle réussite du 20ème siècle. Mais ce siècle est terminé et sa belle réussite a été établit- le foyer nationale ayant fait suite, et c’est maintenant un pouvoir régionale. Tous ceux qui le voulaient l’ont rejoint (environ 1/3 des Juifs) et la porte reste ouverte aux autres ».

Le sionisme était clairement une idée révolutionnaire Judéo-centrée, mais il semble que son but a été atteint en 1948. Donc ce n’est pas une surprise si les israéliens d’aujourd’hui n’arrivent pas à saisir la signification du sionisme. Si les premiers sionistes avaient promis de transformer le Juif de la diaspora en un être civilisé, les israéliens pour une raison ou une autre se voient comme des sujets civilisés. Ils sont, tout du moins dans leurs propres yeux, des produits post révolutionnaires.

Donc, Levy affirme que « le sionisme n’est plus pertinent et sa place est désormais dans les livres d’histoire ». Il suggère que « la signification du Sionisme a été perdu pour nous (les israéliens). C’était inévitable car il a accompli sa tâche »

Similaire à la ligne de pensée que je développe dans « Quel Juif errant ? », Levy fait lui aussi la différence entre le patriotisme israélien et le sionisme. « Tous ceux qui contribuent à l’état sont des citoyens méritant et des patriotes décents, tous ceux qui sont requis pour servir dans l’armée, exactement comme ceux qui sont présumés y payer leurs taxes, remplissent leurs obligations légales. Ceci n’a aucun lien avec le sionisme et ses valeurs »

Toutefois, aussi juste qu’il soit dans sa lecture des israéliens et de la société israélienne, il est possible qu’en tant qu’israélien il passe à côté  du rôle su sionisme en tant qu’identifiant symbolique collectif de la diaspora juive. L’état juif a une fonction claire et significative au sein du discours de la diaspora juive d’aujourd’hui. L’immense majorité des Juifs de la diaspora et des institutions juives s’identifient ou s’affilient à Israël et supportent sa cause. C’est aussi vrai que certains Juifs sont critiques à l’égard d’Israël et de sa politique. Certains d’entre eux s’identifient comme antisionistes. Pourtant, si on garde à l’esprit les observations de Levy, la signification de tout cela est que le débat entre les sionistes et leurs opposants juifs (antisionistes) a très peu d’importance politique pour les israéliens, la politique israélienne et même les palestiniens. Ce débat est là pour aider les Juifs de la diaspora à s’identifier eux-mêmes politiquement, spirituellement et socialement. Ceci a une signification pratique ou pragmatique très limité voir inexistante.

Mais il semblerait aussi que Levy ignore l’immense impacte des lobbies et des sionistes au sein de la politique Occidentale. Aux USA, c’est l’AIPAC qui domine la politique extérieure du pays. Ici en Grande Bretagne, 80% des députés du principal parti sont membres du CFI (Amis conservateur d’Israël). La situation en France et au Canada est similaire. Donc, autant le sionisme est étranger aux israéliens, autant il est pertinent pour les Juifs de la diaspora.

Avec l’AIPAC poussant l’Amérique à une attaque contre l’Iran, le sionisme est une menace pour la paix dans le monde. Et pourtant, je ne sais comment, mais ce sont les Juifs antisionistes qui font tout le nécessaire pour faire taire n’importe quel critique des lobbies sionistes et du pouvoir juif au sein de la politique occidentale.

Autant Levy a raison quand il suggère que le sionisme est mort en Israël, autant celui-ci est en pleine forme en Occident. C’est probablement l’école de pensée la plus influente et dangereuse. Surtout depuis que le sionisme s’est éloigné de la notion relativement modeste de « terre promise » pour une idéologie expansionniste globalement agressive visant à une « planète promise ».

Gilad Atzmon à propos de l’interview donnée par le politologue Norman Finkelstein à la BBC en Mai 2012.

Selon Norman Finkelstein, les Juifs américains tomberaient en désamour avec Israël ? Lors d’une discussion sur la BBC il a affirmé que ceux-ci sont maintenant mécontents de ce que fait Israël et qu’ils veulent prendre leurs distances avec ce pays.

Mais est ce que Finkelstein dit ici la vérité ? Je pense qu’il a tout faux ! Les juifs de la diaspora sont en fait plus que jamais attachés à leur identité tribale. Pour le moment, Israël est le seul et unique identifiant symbolique séculaire juif (culturellement. spirituellement et nationalement). Même les prétendus juifs antisionistes s’identifient collectivement avec Israël par le biais de la négation. Israël est au cœur de l’univers collectif juif. La plupart des juifs ressentent un fort attachement à l’état juif et très peu prétendent y être opposé.

Je dirais que pour que les juifs s’éloignent d’Israël et du Sionisme, une nouvelle Jérusalem est nécessaire et je ne vois pas cela arriver volontairement.

De l’AIPAC au GAY-PACK, par Gilad Atzmon

Obama est-il gay ou pas? Nous ne savons pas la réponse, Newsweek disent qu’il est “le premier Président gay” et Brother Nathanael a l’air d’être d’accord avec eux. Mais ce n’est pas important, Obama n’a pas eu besoin d’être juif pour céder aux pressions de l’AIPAC. Il n’a probablement pas besoin d’être gay pour faire financer sa prochaine campagne électorale par des (riches) gays. Ce qu’il y a d’important ici c’est la transition de la politique des lobbies américains. La politique américaine est maintenant pilotée par des lobbies marginaux qui ne reflètent pas nécessairement la culture et l’esprit de la Nation.

Pendant longtemps c’était l’AIPAC, maintenant c’est le GAY-PACK, mais qui sera le prochain ?

One comment on “Gilad Atzmon en Français

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